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Revue belge d'homéopathie

L’homœopathie a-t-elle un avenir dans l’élevage au XXIième siècle?

par Dr Daniel Saelens, le 10 Février 2008

Par le Dr vétérinaire Daniel Saelens
Article paru dans le magazine "Les élevages belges" en 2000

C’est peu de choses de dire que le monde en général et l’agriculture en particulier est en pleine mutation. On devrait plutôt parler de séisme plutôt que d’évolution.
Nos pratiques d’élevages des animaux de la ferme n’échappent pas à la mode. D’ailleurs, la terminologie elle-même s’est adaptée et , d’éleveurs, vous êtes devenus « producteurs », la nourriture fournie par le terroir étant réduite à un bien de consommation au même titre que la voiture, un meuble ou le GSM. C’est dans ce contexte que je dois vous parler d’une médecine dont les principes fondamentaux ont été énoncés il y a un peu plus de deux siècles par un certain Samuel Hahnemann, médecin allemand né en 1755.

C’est peu de choses de dire que le monde en général et l’agriculture en particulier est en pleine mutation. On devrait plutôt parler de séisme plutôt que d’évolution.
Nos pratiques d’élevages des animaux de la ferme n’échappent pas à la mode. D’ailleurs, la terminologie elle-même s’est adaptée et , d’éleveurs, vous êtes devenus « producteurs », la nourriture fournie par le terroir étant réduite à un bien de consommation au même titre que la voiture, un meuble ou le GSM. C’est dans ce contexte que je dois vous parler d’une médecine dont les principes fondamentaux ont été énoncés il y a un peu plus de deux siècles par un certain Samuel Hahnemann, médecin allemand né en 1755.

L’homéopathie, c’est la médecine des semblables. Elle a été étudiée chez l’homme et, par extension, peut être utilisée chez l’animal mais toutes les expérimentations ont été faites sur l’homme.

1) Le malade
La plus grande différence avec la médecine habituelle dite « allopathique » est que l’homéopathe soigne un malade et non une maladie. Le malade est considéré dans sa globalité et tout ce qu’il présente comme symptôme sera utile pour dresser le tableau symptomatologique. Il faut bien comprendre ici que tous les symptômes sont importants et pas seulement ceux de la maladie. Par exemple, une vache qui a de la fièvre pourra être somnolente, une autre avoir un air effrayé. Une personne atteinte d’une angine pourra être soulagée en buvant de l’eau froide tandis qu’une autre sera soulagée en buvant des boissons chaudes.
Une fois que ce tableau est dressé de la façon la plus iundividuelle possible, il faut le comparer au tableau symptomatologique du médicament.

2) Le médicament
Les médicaments utilisés en homéopathie sont le plus souvent appelés « remèdes homéopathiques » et sont caractérisés par leur très grande dilution. Le principe de base est de prendre une substance (provenant du règne minéral, végétal ou animal ) et de la diluer dans une certaine quantité d’eau. En même temps que cette dilution, cette solution est secouée un certain nombre de fois, c’est ce qu’on appelle la dynamisation. Cette technique – dilution/dynamisation – est réalisée plusieurs fois et plus on dilue/dynamise, moins la substance est présente dans la solution. A un certain moment, la dilution est tellement élevée qu’il n’y a plus de molécule de la substance. C’est cette grande dilution qui est le principal reproche fait à l’homéopathie. On ne sait pas encore très bien le mode de fonctionnement de ce genre de médicament mais il semble que le solvant (eau) ait gardé la trace énergétique de la sustance (lois de Einstein : masse se transforme en énergie). Ce qui est certain et prouvé scientifiquement, c’est que ces médicaments bien utilisés ont une action profonde et efficace. Ils ont de plus l’avantage de ne plus être toxiques et de ne laisser aucun résidu, ce qui n’est pas négligeable à l’heure actuelle.

3) La pathogénésie
La pathogénésie d’un remède est obtenue en administrant celui-ci à un groupe de personnes saines appelées expérimentateurs. Ces personnes notent scrupuleusement tous les symptômes nouveaux qui apparaissent durant la prise du remède. L’ensemble de ces symptômes est appelé la pathogénésie du remède et la liste de ces pathogénésies forme la matière médicale homéopathique.

4) L’application de la loi des semblables
Nous avons donc deux tableaux de symptômes. D’une part, l’ensemble des symptômes présentés par le malade, et d’autre part, l’ensemble des symptômes obtenus dans la pathogénésie. Le travail de l’homéopathe est de rechercher le remède dont la pathogénésie ressemble le plus (loi des semblables) au malade.

5) Unicisme, pluralisme
On trouve sur le marché des solutions homéopathiques contenant plusieurs remèdes et dirigées contre des pathologies bien précises : anti-grippe, anti-diarrhée, anti-viral, etc.. ;
Cette homéopathie appelée aussi pluraliste n’est pas de l’homéopathie car la loi des semblables n’est pas appliquée. Cette technique peut certainement donner des résultats mais ne peut pas s’appeler homéopathie. Appliquer la loi des semblables, c’est utiliser un seul remède à la fois (homéopathie uniciste).

6) Conclusions
a- L’homéopathie est une médecine individuelle : la même pathologie peut être soignée par des médicaments différents.
b- L’homéopathie est plus une médecine ré-active que active : le malade réagit au médicament et guérit par lui-même, la guérison est donc plus profonde et durable qu’avec des médicaments allopathiques. Elle permet des guérisons de maladies réputées incurables telles que le parkinson, l’asthme,..
c- Il n’y a aucun résidu et aucune toxicité.
d- Le coût d’un traitement homéopathique est beaucoup moindre que celui d’un traitement allopathique.

7) Inconvénients
a- Si on ne trouve pas le remède adapté à la circonstance, il n’y a pas ou peu d’action, ce qui est particulièrement embêtant en urgence, ce n’est pas parcequ’il n’est pas sûr de lui qu’un homéopathe regarde dans ses livres ou change de médicament..
b- Il faut beaucoup plus longtemps pour soigner un cas par homéopathie car chaque cas est reconsidéré, il n’y a pas ou peu de « recettes ».



Voilà donc un petit aperçu d’une autre façon de soigner les malades. Mais, avant d’entamer un débat sur le bien-fondé de telle ou telle méthode, il est, je crois, utile de bien comprendre quels sont les défis-santé qui nous attendent en ce début de millénaire. Ceux-ci sont fondamentalement différents de tout ce que le monde a connu jusqu’à maintenant.

Jusqu’à présent, les plus grands problèmes auxquels étaient confronté éleveurs et vétérinaires étaient principalement des maladies infectieuses épidémiques ou non et dont certaines d’entre elles, les zoonoses, étaient contagieuses à l’homme comme la rage, la tuberculose ou la brucellose.
Toutes ces grandes maladies ont pu être maîtrisées surtout grâce à des mesures sanitaires drastiques.

Mais, depuis quelques dizaines d’années, les problèmes sont de moins en moins infectieux et ne répondent plus à la logique sanitaire classique.



Prenons quelques exemples :


- La brucellose et la tuberculose ; maladies bactériennes, véritables fléaux ont été maîtrisées
par des mesures sanitaires et prophyllactiques efficaces. Mais, depuis quelques années, ces
mêmes maladies (salmonellose, tuberculose, colibacillose, mammites...) présentent des
multirésistances aux antibiotiques, ce qui les rend incurables ! Cette situation est la
conséquence de l’emploi massif et inadapté d’antibiotiques, surtout dans les élevages
industriels où les antibiotiques sont donnés à des doses sub-thérapeutiques afin
d’augmenter l’efficience alimentaire. Les bactéries intestinales deviennent résistantes et se
retrouvent dans les égouts des abattoirs et, de là, peuvent se disséminer partout (il faut
noter que les hôpitaux se trouvent devant les mêmes problèmes).

- Le BVD : c’est encore un virus, un vrai, c’est donc une maladie infectieuse à part entière. Il devrait donc être facile d’en venir à bout avec nos méthodes classiques. Et pourtant, ...ce n’est pas si simple ! Cette affreuse bêbête se mêle de passer la barrière placentaire et d’aller infecter notre pauvre foetus. Celui-ci naîtra le plus souvent en pleine forme mais sera dans certains cas un « IPI », véritable handicapé immunologique, incapable de fabriquer le moindre petit anticorps anti-BVD et, de plus, bombe épidémiologique pour son entourage. Curieusement, cette maladie infectieuse caractérisée par l’absence immunitaire correspond à un changement radical dans la façon de nourrir les bêtes (ensilages destructeurs de vitamines, maïs plante entière riche en énergie et carencé pour tout le reste, complexes minéraux-vitaminés de synthèse chimiques, poudre d’os comme source de calcium et de phosphore, tourteaux composés dont seule la teneur est garantie et pas la composition, je ne parlerai plus de la farine de viande et de poisson !).

- Le prion de l’ESB, responsable de la folie des vaches mais symbole de la folie humaine. C’est la limite du microbe, ce n’est plus une entité vivante qui envahit l’hôte sensible mais une séquence d’acides aminés qui vient mettre un grain de sable dans la superbe mécanique cellulaire. Ce soi-disant « microbe » n’est pas contagieux ce qui est à l’origine de la polémique au sujet de l’abattage de tous les bovins d’une exploitation atteinte. Tout le monde sait maintenant que cette maladie est le résultat de l’introduction de farines de viande dans l’alimentation bovine, erreur (horreur) biologique impardonnable. L’actualité nous montre que le problème est loin d’être résolu.

- La dioxine : ce n’est plus du tout un problème infectieux mais elle a causé plus de dégâts
dans l’opinion publique que n’importe quelle autre maladie auusi grave soit-elle., jusqu’à
envoyer le CVP dans l’opposition ! La dioxine est le symbole de la pollution chimique
environnementale et il faut s’attendre à d’autres problèmes de ce genre, on parle même
d’interdire la culture et l’élevage dans certaines régions trop polluées.

- Les hormones et autres résidus : encore un fameux défi pour les vétérinaires et qui aura fait couler beaucoup d’encre et même de sang. C’est, à ce que je sache, la première fois que l’on assassine un inspecteur vétérinaire uniquement parcequ’il voulait faire son métier ! ! !

- Maladies dues à « l’amélioration génétique » de nos animaux : toutes les tares du cul-de-poulain, les problèmes métaboliques de la Holstein pour ne citer que ces quelques exemples sont de nouveau des handicaps importants à la bonne santé de nos troupeaux.

Nous voyons donc clairement que le vétérinaire - dont le métier est de soigner les animaux malades - et que l’éleveur – dont le métier est d’élever des animaux domestiques – sont confrontés à des problématiques gravissimes qui sont de plus en plus dues à l’aberration et à la bêtise humaine et de moins en moins dues à des maladies plus « classiques ».
Cette situation inédite dans l’histoire de l’humanité nous oblige à réfléchir sur le sens de la maladie et sur le rôle du thérapeute.
Les moyens chimiothérapiques puissants de la médecine allopathique (antibiotiques, vermicides, vaccins,..) peuvent parfois nous aider à étouffer quelque peu la symptomatologie de ces nouvelles maladies mais certainement pas à les guérir.

Les remèdes homéopathiques, quant à eux, stimulent l’organisme à combattre lui-même la maladie. Mais il est évident que cela ne peut se faire que dans les limites physiologiques. En homéopathie, on ne sait pas tricher et on ne sait certainement pas guérir des maladies dues à des tares génétiques ou à une alimentation en dépit du bon sens.

D’un côté comme de l’autre, nous sommes dans une impasse, et la seule façon d’en sortir esr de se remettre dans le bon sens. L’homme est différent de l’animal car il est doué de la raison. Nous sommes donc condamnés à être raisonnables. Cela fait plusieurs décennies que nous ne le sommes plus et nous en subissons les tristes conséquences.

Homéopathie, pour ou contre, info ou intox, mieux ou pire que l’allopathie ? Je pense sincèrement que la question n’est plus là, l’urgence se situe ailleurs, les grands problèmes sanitaires qui nous empoisonnent la vie depuis quelques années sont loin d’être résolus et ce n’est certainement pas en manipulant les gènes que l’on pourra s’en sortir. Non, la seule et unique solution consiste à se remettre aux normes, à réapprendre les besoins biologiques fondamentaux de nos animaux domestiques (la vache est herbivore, le porc doit fouiller la terre, la poule doit gratter le sol,...) et alors seulement, vous ne serez plus des producteurs mais vous redeviendrez des éleveurs, ce qui veut dire élever l’animal à un niveau plus subtil.


Dr vet Daniel Saelens, président de l’Ecole Belge d’Homéopathie
saelens@homeobel.com






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