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Revue belge d'homéopathie

Les plantes carnivores

par Dr Jean Lansmanne, le 17 Juin 2010

Cette catégorie de plantes, qui nous occupe aujourd’hui, a longtemps intrigué la communauté scientifique internationale: comment classer ces curieux individus, et interprèter leur anatomie
et leur comportement?
La faiblesse des racines de ces végétaux est longtemps comprise comme une atrophie, un perte de contact avec la terre, comme une étape vers le règne animal. En outre, la « carnivorité » semble l’apanage des espèces vivantes supérieures, et ces plantes ambitieuses dérangent...

De tous temps, les végétaux ont été au service des animaux, et voilà que la relation s’inverse!
Ce paradoxe a fait couler des flots d’encre, du XVIII° au XX° siècles, dans les milieux botanique, philosophique et même religieux. A cela s’ajoute l’ existence d’un mouvement actif de capture, lui aussi habituellement réservé au monde animal: la fermeture du piège bivalve de Dionea est évident, et les mouvements des tentacules de Drosera sont observés dès 1779.
Drosera est longtemps qualifiée de « plante irritable », comme si elle était agacée par ces nuées d’insectes, et ne les attrapait que pour s’en débarrasser! Cette conception des choses laisait assez aux philosophes, leur évitait de considérer que ces plantes se nourissaient d’animaux, et pouvait faire passer ce phénomène de capture comme un accident, ou presque.
Il faudra vraiment la fin du XIX° Siècle pour qu’apparaisse l’idée que cette capture d’insecte devait être profitable à la plante, et participer de sa nutrition!
C’est Charles Darwin, dans son ouvrage « Les plantes insectivores » de 1877, qui est vraiment le premier à oser présenter clairement cette hypothèse...suscitant, dans un premier temps, une levée de bouclier presque générale. La polémique déborde largement de la communauté
scientifique, et le débat est surtout philosophique: l’idée qu’un végétal puisse capturer et tuer une vie animale est inadmissible, pour ne pas dire diabolique! Tout au plus veut-on bien admettre que le créateur, dans sa bonté, a laissé à ces faibles plantes ce moyen de se défendre d’insectes importuns.
Actuellement, cette polémique est évidemment dépassée, mais il a quand même fallu les années septante du XX° Siècle, le microscope électronique à balayage et les isotopes radioactifs pour clarifier les choses.
Aujourd’hui, même si tout n’est pas élucidé, nous savons que les plantes carnivores ont développé un mode de nutrition qui leur permet de compenser un manque de leur environnement en matières azotées et en certains minéraux, en particulier le soufre, le potassium et le phosphore.

Autotrophie et hétérotrophie.

Les végétaux chlorophylliens jouissent d’une autonomie nutritive telle qu’ils sont capables de réaliser la synthèse de tous leurs constituants, sans exception. Ils sont donc qualifiés d’autotrophes (se nourrir soi-même). Par opposition, l’homme et les animaux ont un besoin absolu d’aliments organiques.Ils les trouvent dans le corps des êtres vivants ou morts qu’ils consomment. On les dit hétérotrophes. Les hétérotrophes ont un besoin absolus de substances
organiques, tandis que l’autotrophie est une capacité et non une nécessité. (On peut parfaitement, par exemple, cultiver un végétal vert en lui fournissant du glucose comme unique source de carbone)
La plupart des plantes carnivores sont faiblement enracinées et habitent des sols acides (humus, tourbes) dans lesquels l’azote est rare. D’où l’utilité, vu les faibles quantités d’azote minéral absorbées par les racines, de disposer d’une source d’azote protéique capté par les feuilles transformées en pièges.
Toutes les plantes à graines utilisent les réserves protéiques des graines au moment de la germination. Chez la majorités des végétaux, les enzymes protéolytiques sont donc excusivement endocellulaires. Chez les plantes insectivores, la présence de glandes sécrétrices assure, au niveau des feuilles transformées, la sécrétion extracellulaire de sucs protéolytiques permettant la digestion des protéines des proies.
On dénombre actuellement 500 espèces de plantes carnivores, regroupées en 5 familles :
Népenthacées, Droseracées, Céphalotacées, Sarracéniacées et Lentibulariacées.

Le caractère commun à toutes ces plantes est de présenter des feuilles dont la conformation spéciale en fait des pièges, remarquablement adaptés à la capture de petits insectes ou autres animaux très petits. Ces proies sont digérées par des enzymes protéolytiques. Les plantes carnivores trouvent donc là une source originale d’azote organique, immédiatement réutilisable pour la biosynthèse de nouvelles protéines. Analogie frappante avec la digestion des viandes par les animaux carnivores !

Drosera Rotundifolia

Avant d’aborder les propriétés du remède, deux aspects de la plante méritent quelques réflexions, qui nous aideront d’ailleurs à mieux comprendre ce qui suivra.

A/ - Anatomie et physiologie.
Il existe 90 espèces du genre Drosera, la plus cosmopolite étant celle qui nous intéresse, Drosera Rotundifolia : on la rencontre souvent dans les marais ou les tourbières de l’hémisphère Nord où elle vit, faiblement enracinée. Cette situation coupe quasi complètement cette plante des réseves azotées du sol, et la capture de proies devient une nécessité pour sa survie.
Chaque pied de Drosera présente une rosette de feuilles étalées, vertes, en forme de raquette avec un long pétiole et un limbe orbiculaire dont la face supérieure concave, porte de très nombreux tentacules filiformes renflés à leur extrémité. Ce renflement est surmonté d’une goutelette liquide visqueuse.
Une coupe longitudinale de cet organe montre que le pédicelle comprend une ou deux files de vaisseaux spiralés entourés de quelques assises de celules parenchymateuses. Les vaisseaux aboutissent, dans la partie renflée du tentacule, à un massif d’éléments vasculaires, égalements spiralés mais beaucoup plus courts . Ce massif est recouvert de cellules
sécrétrices, qui élaborent des mucilages et des enzymes protéolytiques.
Un petit insecte qui vient à se poser sur une de ces feuilles y est retenu par la matière visqueuse des tentacules, et ses efforts pour se dégager ne servent qu’à l’engluer davantage.
Cette agitation stimule l’activité des cellules sécrétrices. En deux heures, la proie est digérée. Après un ou deux jours, seul subsiste son squelette chitineux.

B/ - Les propriétés symboliques de Drosera.
Dans leur environnement, les plantes carnivores ont une prédilection pour les sols inondés, tourbières, marécages et eaux stagnantes.
Dans leur métabolisme: l’eau tapisse l’intérieur des pièges de Nepenthes, recouvre, sous forme de gouttelettes, les spicules de Drosera.
Dans la tradition populaire du Moyen-Age: l’ « eau » des gouttelettes ou des pièges de plantes carnivores a servi à la préparation de nombreuses boissons apéritives (ce qui peut paraitre logique) ou de philtres d’amour.
Pour les alchimistes, ce pouvoir paradoxal que possède Drosera de produire de l’eau sous le feu du soleil, donc de se livrer en quelques sortes à une transmutation magique, a désigné la plante comme un matériel de choix dans leurs recherches de la pierre philosophale.
Cette alliance entre l’eau et le soleil en fait un symbole de puissance physique: les piverts vont s’y frotter le bec pour le durcir. De la puissance physique à la puissance sexuelle, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par la tradition populaire, qui attribue à Drosera d’importantes vertus aphrodisiaques, la nommant « herbe lascive » ou « herbe du rut »! Notez que la plante doit impérativement être cueillie un ...23 Septembre!

On attribue au Drosera de nombreuses autres propriétés magiques, et son importance est grande dans les traités de sorcelerie, dans le centre-Ouest de la France et en Allemagne. Rompre le fer, résister aux venins, dissiper la fièvre, maintenir le troupeau en bonne santé...sont quelques-unes de ses vertus supposées.
Par contre, la plante introduite dans une maison ou une étable était censée provoquer la fièvre.

C/ Etude de la matière médicale

I. La « légitime attaque. »
a. C’est un inquiet.
Drosera s’inquiète pour beaucoup de choses (full of cares, worries): pour l’avenir (anxiety about future, discouraged about future), à propos de ce qui pourrait arriver (ailment from bad news, fear of hearing bad news, fear of misfortune).
Il a peur d’être seul (alone), de la mort (death), du diable (evil), des esprits (ghosts). Il est à la fois triste et anxieux (Sadness anxious). Il a si peur que, si par hasard il se laisse aller malgré tout, tout à coup il sursaute, comme ramené brutalement à la réalité, ou plutôt à son illusion
(starting on falling asleep, during sleep, from sleep).
S’il arrive malgré tout à se réfugier dans le sommeil, il n’est pas sauvé pour autant: dreams desease, dreams frightful.
Faut-il le préciser, il n’a pas confiance en lui! (want of self-confidence). On pourrait résumer tout ceci d’une phrase:

« qu’est-ce qui va me tomber dessus?! »

b. Il se sent agressé, persécuté.
Drosera est très sensible (oversensitive), il a l’impression qu’on le persécute (delusion that he is persecuted), qu’on lui en veut, qu’on le cherche, et il voit des ennemis partout (anxiety as if pursued and persecuted by enemies, delusion he was pursued by enemies, delusion of vexations and offences).
Il est donc très méfiant (suspicious). Encore une fois, le sommeil où il croit trouver refuge ne l’épargne pas: dreams ill-treatment, dreams about being maltreated, dreams vexatious.

c. La réaction:

- La réaction selon le XX° Siècle.
Les scientifiques du XX° Siècle ont fini par comprendre ceci : nous avons affaire à une plante stressée par la vie dans un milieu dangereux et carencé ; la plante drosera va donc tenter de pallier ce stress en saisissant tout ce qui passe à sa portée et qui peut combler ces carences: en l’occurence, les insectes.
Le patient Drosera lui, face à toutes ces incertitudes, à cet avenir plein de risques, à tous ces ennemis réels ou imaginaires, s’accroche spasmodiquement à tout ce qu’il peut attraper ou conserver:
Clenching fngers when seising something; contraction hand grasping involuntary things taken hold of; contraction fingers grasping; contraction fingers spasmodic; convulsion hand taking hold of something; cramps hand grasping.
Dans cette optique, on est un peut déçu de ne pas trouver le remède dans des rubriques telles que: Fear of starving, delusion starve, ou delusion want...

- La réaction selon le XIX°.
Une autre façon de gérer toutes ces menaces, c’est l’agressivité:
Anger, anger at trifles, anger violent, being beside one-self, irritability, rage, fury, violent, vehement:
C’est ainsi que les biologistes du XIX° croyaient avoir compris la plante: une réaction agressive face à tous ces insectes gêneurs.
Le sentiment d’insécurité de Drosera le pousse à considérer très facilement autrui comme un agresseur, susceptible de le précipiter dans ce malheur qu’il pressent: c’est là son illusion fondamentale; cette sensibilité à fleur de peau le conduit à un comportement agressif qui est en quelque sorte préventif: la légitime défense avant la lettre, ou mieux: LA LEGITIME ATTAQUE!!

II. La tête agressée.

Dans le répertoire de Kent, les chapitres qui concernent la tête, c-à-d le chapitre Head bien sûr, mais aussi les chapitres Ear, Eye et Face, qui font anatomiquement partie de la tête, frappent par l’abondance des symptômes de douleur: 89/105 dans Head, 9/21 dans Eye, 19/30 dans Ear, et 15/48 dans Face. Ces douleurs sont présentes selon de nombreuses modalités qu’il serait fastidieux d’énumérer. Il faut cependant souligner, à propos du chapitre Head, que
les symptômes sont fréquement modalisés en fonction de la position de la tête:
Heaviness holding head erect, on.- raising head, on. stooping amel. Pain bending head backward, while. moving head, on.
raising head.
rising upright, erect.
stooping from.
forehead, in, motion rapid.
stooping, from.
eye above, stooping when.
temples stooping from.
cutting motion of eye (seul)
stooping, on.
lancinating forehead, moving eyes
stitching forehead, moving eyes (seul)
stooping, on.
Nous constatons que toutes ces douleurs de tête se présentent curieusement selon des modalités opposées: stooping-raising...
Ce paradoxe apparant cadre bien avec la symbolique du remède:
Drosera tel que nous le connaissons, c-à-d hypersensible aux agressions réelles ou supposées, se trouve assailli par une multitude d’insectes qui bourdonnent autour de sa tête. Pour s’en
protéger, il s’est hérissé la tête de spicules; mais chaque mouvement de la tête, dans un sens ou dans l’autre, en découvre une partie vulnérable.
Ceci explique pourquoi le patient est soulagé en se prenant la tête dans les mains:
Pain resting head on arm, amel.
Pain cutting, supporting head on hands, amel.
Pain tearing, leaning head on hands, amel.

III. Les problèmes digestifs.

En bonne plante carnivore qui se respecte, Drosera supporte mal ce mode de nutrition marginal: alors que Nepenthès souffre de la digestion proprement dite, c’est dès le haut appareil digestif que Drosera commence à souffrir.
- Beaucoup de douleurs de la face sont liées au fait d’ouvrir la bouche, ou localisées aux machoires: Face, pain opening the mouth, pain articulation lower jaw opening mouth, burning corners of mouth, pain drawing upper jaw, pain stitching & tearing lower jaw.
- La bouche de Drosera n’a rien d’un cadeau: ça saigne (mouth bleeding, saliva bloody), ça sent mauvais (odor offensive), la langue est toute gonflée (swelling tongue, centre small & round swelling: Dros.seul) et il y a des ulcères (ulcers).
Mais que voulez-vous, « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre »!
Pour le patient, les symptômes subjectifs ne valent guère mieux: il y a une sensation de sécheresse (dryness-palate-sens.of) des douleurs en tous genres (burning, stitching, prickling).
Le sens du goût est altéré ou perdu (taste bitter) chewing when, eating during & after; taste wanting, loss of taste, tastelessness of food).
- Les dents peuvent être douloureuses, ou tomber (Looseness, pain).
- La gorge est serrée (choking, constricting, crawling). Comme on pouvait s’y attendre, les douleurs sont liées au fait de manger ou d’avaler (pain swallowing food, pain burning after dinner, pain rawness after dinner, pain stinging on swallowing).
- Au niveau de l’estomac, ce n’est pas la gloire non plus: constiction, eructation, retching, douleurs avec 7 sous-rubriques, nausées avec 9 sous rubriques,
vômissements avec 23 sous-rubriques.
Tous ces symptômes digestifs convergent vers le même thème: la difficulté à avaler, astiquer, assimiler.
Dè lors, considérons cette difficulté d’assimilation au sens figuré, et revenons au mind, dont les symptômes illustrent bien un problème intellectuel de cet ordre:
la concentration est difficile (concentration difficult studying, reading while), l’esprit est confus, la pensée et la compréhension sont engourdies (confusion of mind - evening, chill during, heat during, walking while- dullness, difficulty of thinking and comprehending,
dullness reading while). Le patient n’a d’ailleurs pas vraiment envie de s’y mettre! (indolence, aversion to work, indolence from sadness, aversion to mental work)
Nous connaissons l’angoisse de Drosera, qui le rend si soucieux de son intégrité physique; on dirait qu’il est également soucieux de son intégrité mentale, au point de ne pas vouloir se laisser gagner par des idées ou des connaissances nouvelles!

IV. La toux réactionnelle.
Drosera est un des champions de la toux: 103 rubriques dans le chapitre « Cough » du répertoire de Kent, sans parler des nombreux symptômes « cough agg. » disséminés un peu partout. Comment interprêter cela?

Nous savons que l’arbre respiratoire présente une grande surface de contact avec le milieu extérieur. Or Drosera est - ou se croit - assailli d’agressions continuelles; l’une de ces agressions est perçue au niveau respiratoire, et la toux est, une fois de plus, un réflexe de défense. Cette hypothèse est illustrée par les rubriques suivantes, qui évoquent toutes une sensation de corps étranger à éliminer:
Mouth pain burning pepper, as from
scraping palate
Throat bread crumbs, sensation of
scratching crumbs of bread, like
Larynx dust, as from
foreign substance, sensation of plug
scraping, clearing larynx
Cough deep enough, sensation as though he could not cough, to
to start mucus dust, as from
eating, from
foreign body sensation as from, in larynx
hacking tickling in larynx, from
tickling larynx in, from
sympathetic !! (Lach, Naja, CardM)

V. Trois thèmes chers aux alchimistes et aux sorciers.

- Nous avons vu plus haut que l’eau est un élément très important dans la vie de la plante, à la fois pour son environement et en tant que constituant: c’est grâce à une sécrétion plus ou moins aqueuse qu’elle peut capturer et engluer ses proies. J’ai relevé ci-dessous les différentes rubriques qui pouvaient illuster ce thème de l’eau-ou de la sécheresse.
-Nose coriza discharge, with fluent
discharge, without
copious
viscid
watery
dryness inside
-Face dryness lips
perspiration
-Mouth dryness, sensation, of
pain burning cold water amel
-Throat mucus
-Stomach thirst extreme
vomiting mucus
water coughing, on
-Stool mucous 9
-Urine watery
-Larynx mucus in larynx
-Cough dry
hacking, dryness in larynx, from
-Expectoration mucous
-Gener. dry sensation in internal parts (!!)
dryness of usually moist internal parts (!!)

- Drosera était considérée comme un symbole de puissance; ceci n’est que peu illustré par l’extraction du remède: tout au plus trouvons-nous quelques rubriques:
Courageous, perseverance, pertinacity. Mais aussi: cowardice, discouraged, irresolution!
Comme nous l’avons déjà vu, si le patient fait étalage de force, c’est avant tout par peur.

- La tradition populaire en faisait aussi une plante aphrodisiaque. Là, sur le plan
homéopathique, c’est complètement raté: L’extraction des chapitres genitalia est pratiquement désertique. Par contre, nous verrons que Nepenthès ne nous décevra pas!

VI. L’échec: dépression ou suicide.
Comme c’est le cas pour de nombreux remèdes, quand la stratégie mise en oeuvre pour aménager l’angoise de base vient à être mise en défaut, cet échec peut déboucher sur un état dépressif ou suicidaire:
Anxiety suicidal
weary of life, with
Discouraged
Forsaken feeling
Indolance sadness from
Morose
Sadness
daytime
alone, when
anxious
Suicidal disposition
evening
drowning by (!!)
thoughs
Weary of life
Weeping.
L’AGRESSE AGRESSIF
LA LEGITIME ATTAQUE

D/ Un cas de Drosera.
Première consultation.
Il s’agit d’un petit garçon de 10 ans que je vois pour la première fois en Octobre 98. La plainte principale consiste en une verrue localisée à la plante du pied gauche. Spontanément, les parents me racontent d’emblée que leur fils parle la nuit, et qu’il est très fréquement somnambule, et cela depuis fort longtemps (sans précision de date). Mon interrogatoire ne met en évidence aucune corrélation entre l’apparition du somnambulisme et un événement quelconque. Par contre, je reçois une précision intéressante : pendant ces accès
de somnambulisme, l’enfant urine très souvent à côté du pot, aux toilettes. Autre précision : si on cherche à le faire changer de direction, il frappe.
On me signale encore que le patient se plaint assez souvent de douleurs abdominales et de maux de tête ; sans modalités nettes ni facteurs déclenchants précis.
L’anamnèse ne m’apprend rien de plus, et à ce stade, je ne creuse pas d’avantage car je suis très frappé de ce symptôme nocturne, que nous trouvons au répertoire en ces termes :
Mind, delirium, urinating pot, outside the. Un seul remède : Belladona.

R/ Belladona MK.
Deux mois plus tard, la verrue de la plante du pied est inchangée.
Par contre, on note une excellente amélioration du somnambulisme, qui ne se manifeste plus que de façon occasionnelle. L’enfant parle encore parfois dans son sommeil.
Les douleurs abdominales et les céphalées sont nettement moins fréquentes.
Devant cette bonne amélioration, je préfère attendre sans prescrire.
Après deux mois de plus, la situation est inchangée : on parle plus guerre de céphalées ni de maux de ventre, les accès de somnambulisme sont peu fréquents. Mais la verrue, le symptôme qui motivait la consultation, est toujours bien là.
Je me dis alors que l’équilibre a été en partie restauré, mais que le remède n’ira jusqu’au bout de son action que s’il est administré dans une dynamisation plus précise. Et je pense que la plante du pied, qui est le siège du symptôme persistant, est la localisation qui témoigne de cette dynamisation, pour moi une 8CH.

R/ Belladona 8CH.

Je ne revois le patient que 4 mois plus tard. Rien n’a changé : peu de somnambulisme, et toujours la même verrue à la plante du pied. A l’époque, je me dis que si Belladona avait été simillimum, les choses auraient dû évoluer : j’en conclu que c’était un bon simile, sans plus, et je décide de reprendre mes recherches. Quelques questions de plus me donnent quand
même deux autres éléments : l’enfant adore les condiments et tout ce qui « relève » le goût ; et il présente des « envies » aux doigts.
En termes de répertoire, cela nous donne ceci :

Nat m, Sulf, Sep
Mind Somnambulism 3 2 1
Mind Talking sleep, in 2 2 2
Gener. Food & Drinks Pungent things desire 1 1 1
Extr. Hangnails 3 3 1
R/ Sulfur MK.

Nous sommes en Octobre 2000 quand je revois ce jeune garçon. Un an et demi a passé. Les parents ne me cachent pas que, après l’échec de cette dose de Sulfur, ils ont consulté un autre homéopathe, qui a prescrit entr’autres remèdes…Sepia et Natrum Mur ! Voilà qui me déblaye le terrain !
Mais le problème n’est pas réglé : si les accès de somnambulisme sont rares, la verrue de la plante du pied est toujours fidèle au poste. Reprendre l’anamnèse à zéro ne m’apporte décidément rien sur le plan physique, mais par contre, le comportement est intéressant. Sa maman me dit : « il croit toujours qu ‘on l’agresse, et il mord ; en fait, il attaque parce qu’il se croit attaqué ! »
Cette simple réflexion m’amène à lui prescrire une dose de Drosera MK, qui aura enfin raison de cette verrue en quelques semaines !


NEPENTHES DISTILLATORIA.

A/ Anatomie et physiologie.
Nous avons bien sûr toujours affaire à des plantes carnivores. Elles font partie de l’ordre des Sarracéniales, qui réunit trois familles : les Sarracéniacées, les Népenthacées et les Céphalothacées. Les plantes carnivores de l’ordre des Sarracéniales ont en commun de présenter des modifications de leurs feuilles ; la feuille modifiée, appelée ascidie, constititue un piège à insectes. Les 60 ou 65 espèces du genre Nepenthes se trouvent principalement dans la forêt tropicale asiatique (Philippines, région indomalaise, Madagascar). Les feuilles des
nepenthes s’insèrent sur la tige par une partie verte aplatie, prolongée par un pédicelle filiforme capable de s’enrouler autour des branches voisines et contribuant ainsi à l’amarrage de la plante, qui est mal soutenue par ses faibles racines.
Ce pédicelle porte à son extrémité une urne d’une hauteur de 2 à 30 cm. Une petite lame formant couvercle est attachée en un point du bord circulaire de l’urne.
L’urne contient, jusqu’au tiers de sa hauteur, un liquide sécrété par les glandes qui tapissent les bords.
Les insectes sont attirés vers l’orifice de l’urne par les nombreuses glandes à nectar qui parsèment les tiges et les feuilles de la plante. La présence de victimes en train de se noyer dans l’urne stimule l’activité des glandes digestives qui sécrètent des enzymes protéolytiques.
Les protéines des proies sont digérées et les acides aminés libérés sont absorbés par les cellules des parois de l’urne.

B/ Point de départ symbolique.
Quand j’ai vu pour la première fois une photographie de la plante, j’ai pensé à la mythologie grecque. Ulysse lors de son Odyssée, et Jason dans la recherche de la toison d’or, on rencontré des êtres dont l’anatomie et la physiologie me semblent en rapport avec Nepenthes : les sirènes. D’après la mythologie, l’occupation essentielle des sirènes est de séduire les marins qui passent dans les parages, par leurs chants irrésistibles ; après quoi, elles les noient pour
s’en nourrir, comme le fait Nepenthes. Nous savons qu’Ulysse s’était fait attacher solidement au mat de son bateau pour pouvoir entendre le chant des sirènes en toute sécurité.
Symboliquement, la sirène représente le désir pervers, qui séduit l’homme et le mène à sa perte.

C/ La matière médicale.
Le remède est absent du répertoire de Kent ; on le retrouve au Radar, qui cite comme source la matière médicale de Timothy F. Allen. Positivement incroyable, car le remède en est absent, comme il est absent de nos grandes matières médicales classiques, et pour cause : sa pathogénésie a été réalisée pour la première fois par A.Julian, en 1961.

I. Mind.
Il faut bien reconnaître qu’au niveau du Mind, l’hypothèse de la sirène ne se vérifie guerre. Nous trouvons « Mental power increased » qui rappele que le chant des sirènes est irrésistible. Et « Delusion animals, beetles » qui évoque un prédateur.
Mais l’essentiel de la matière médicale brosse plutôt un tableau dépressif. Julian
cite : « dépression, abattement, tristesse, tremblement intérieur, neurasthénie. Coup de pompe surtout vers 15 à 17 heure. Grande fatigabilité. »

II. Appareil digestif.
Toujours d’après Julian : Goût fade dans la bouche, gingivite, glossite, palais râpeux, langue sèche et épaisse. Sensation de soif, sensation de parchemin au bout de la langue et sous la voûte du palais Sensation de sécheresse de la bouche et surtout du pharynx.
Nausées, pyrosis, ballonnements, sensation de meurtrissure de l’estomac. Sensation de boule dure dans la région épigastrique. Gonflement, lourdeurs d’estomac et gastralgies. Constipation.

III. Appareil génital.
Seul l’appareil génital féminin est décrit par Julian. On y trouve : frigidité, douleurs au niveau de l’ovaire droit, en éclair. Douleur ovarienne gauche irradiant au rein gauche. Amenorrhée.

IV. La peau.
Julian signale de la sécheresse de la peau et des muqueuses, en particulier au niveau du visage. Un détail curieux : « les cheveux sont plus vivants et se prêtent mieux à la coiffure »

V. Thorax.
On relève encore une gêne rétro-sternale post-prandiale et une sensation de dureté au niveau du larynx.

VI. La sphère ORL.
On n’y trouve que la notion de sécheresse des muqueuses nasales.

D/ Les cas présenté par Julian.
Dans son étude sur Nepenthes, Julian présente les résumés de dix cas cliniques résolus par le remède. En examinant ces cas, nous remarquons que les plaintes principales ont été essentiellement les suivantes :
-troubles digestifs importants : 9 cas sur 10.
-nette diminution ou absence totale de libido : 3 cas sur 10.
-fibrome utérin et/ou kyste ovarien et/ou métrite du col : 3 cas sur 7 femmes.
-Etat dépressif : 3 cas sur 10
-Coup de pompe, toujours en fin d’après-midi (17h) : 6 cas sur 10.

E/ Réflexions.
Nous avons surtout affaire à des patients déprimés ; il est à noter que leur chute d’énergie se fait particulièrement sentir en fin d’après-midi. Les troubles digestifs sont fréquents, ainsi que les pathologies génitales féminines et les pertes de libido. La sécheresse cutanéo-muqueuse est courante également.
Nepenthes est une plante carnivore. Nous avons déjà constaté, en étudiant Drosera, que cette notion débouchait sur des troubles digestifs importants ; et cela se vérifie ici également. Comme pour Drosera, nous retrouvons des troubles du métabolisme hydrique, sous forme de sécheresse.

Nepenthes est-elle une sirène ?
L’analogie entre la sirène et Nepenthes est une construction mentale qui n’engage que moi.
J’ai trouvé pour appuyer cette hypothèse quelques éléments que je livre à votre critique.
-La forme de la plante, qui a été pour moi le point de départ de cette réflexion, comme je l’ai dit plus haut.
-Le fait que, dans un cas comme dans l’autre, les proies sont noyées et dévorées après avoir été attirées par séduction.
-L’éthymologie : nepenthes en Grec signifie « drogue qui dissout les maux ». On le croit volontiers : la sirène entraine sa proie dans l’oubli éternel ! Angelo de Gubernatis, dans Mythologie des plantes, dit ceci : « on peut croire que son nom a donné lieu au mythe homérique de l’Odyssée. »
-L’anatomie de la sirène. Nous avons affaire à une créature magnifique jusqu’à la taille, mais ce corps ne tient pas ses promesses puisqu’il se termine..en queue de poisson ! Voilà pour l’absence de libido, les pathologies gynécologiques et l’aménorrhée.

PLANTE CARNIVORE / SIRENE.

F/ Un cas de Nepenthes.
La jeune S. a 16 ans quand elle me consulte en 1994 pour une aménorrhée survenue suite à un régime entrepris pour « perdre un kilo ou deux ». Depuis lors, elle a beaucoup de mal à retrouver un équilibre alimentaire, et se situe plutôt à la limite de l’anorexie. En outre, elle présente une aménorrhée secondaire.
Rien d’autre à signaler, si ce n’est peut-être que S. est très séduisante, pour ne pas dire séductrice. Les garçons lui tournent autour mais « ils ne m’intéressent pas » ( !)
R/ Ignatia MK.

Après deux mois, la patiente a repris un peu de poids, et retrouvé un meilleur équilibre alimentaire. Mais elle n’a pas vu revenir ses règles, et elle présente deux verrues sous le pied droit.

R/ Lycopodium 9CH.
Pendant l’année qui a suivi, je la revois à 6 reprises avec des plaintes semblables, et un équilibre alimentaire à nouveau dégradé, passant d’une tendance boulimique à une tendance anorexique. Elle reçoit sans succès divers remèdes, et on n’en sort pas.
Fin 95, je fini par laisser aller mon imagination. J’associe les troubles alimentaires, l’aménorrhée et les garçons qui lui tournent autour sans succès !

R/ Nepenthes 200K.
Deux mois plus tard, S. signale qu’elle a mieux géré son alimentation pendant les premières semaines ; après quoi, elle s’est retrouvée dans le même état.

R/ Nepenthes MK.
Je ne revois ma patiente qu’un an plus tard ; elle me dit : « je ne suis plus venue parce que tout allait bien » Y compris la peau, avec disparition des verrues.


SARRACENIA PURPUREA

A/ Origine botanique.
L’ordre des Sarracéniales réunit trois familles : les Sarracéniacées, les Népenthacées, et les Céphalotacées.
Les Sarracéniacées sont des herbes vivaces qui croissent dans les lieux humides et les marécages. Les feuilles radicales différenciées en pièges à insectes sont de couleurs vives. Ces feuilles modifiées ont été longtemps considérées comme réservoir d’eau, ou comme refuge pour les insectes. Ce n’est que depuis 1874 que Mellichamp a démontré avec certitude la fonction insectivore de ces ascidies.
Actuellement, on sait que ces feuilles garnies de dispositifs particuliers (glandes, écailles, poils dirigés vers le bas) piègent les insectes et les petits animaux.
Signalons toutefois que plusieurs espèces d’insectes peuvent vivre à l’intérieur de ces ascidies.
Nous avons donc également affaire des pièges en forme d’urne, ou parfois plus simplement de replis de feuilles, mais assez petits et trappus. Tout cela n’a pas cette élégance élancée de Nepenthes.

Il existe trois genres de Sarracéniacées : Heliamphora, que l’on trouve en Venezuela et en Guyane, Darlingtonia, typique à la Californie, et Sarracenia, dont il existe huit espèces en Amérique du Nord ; la plus répandue d’entr’elles étant Sarracenia Purpurea, naturalisée dans quelques tourbières européennes (France, Suisse)


B/ Matière médicale.
Nous ne sommes pas surpris de retrouver ici beaucoup de pathologies de la bouche, en particulier des troubles du goût (taste fatty, taste bad) et des problèmes de sécheresse. (Mouth dryness, throath dryness, drinking does not amel). Les nombreux troubles digestifs ne nous étonnent pas non plus. Ils sont variés et concernent l’estomac, l’abdomen et les selles.
Ces symptômes doivent être considérés comme commun aux plantes carnivores, comme nous l’avons vu.

Le Mind.
Le thème dominant est la culpabilité, et celle-ci est particulièrement ciblée par rapport à la famille : Del.he has disgraced his family or friends. (Seul). Dans le même thème d’une culpabilité violente, et d’une forte dévalorisation de soi, nous trouvons : Del. he is a criminal, Del. she is disgraced, Del. he has done wrong, Reproaches himself.
Peut-être peut-on expliquer cette culpabilité d’un genre un peu particulier en évoquant le fait que Sarracenia, toute plante carnivore qu’elle soit, à l’habitude de donner asile à quelques insectes au sein même de ses ascidies. Abriter des amis sous son toit pour finir par les dévorer, il y a de quoi se faire des reproches !
Le Physique.
Quelques localisations sont tout à fait particulières et devraient faire de Sarracenia un grand remède à cet égard.

En ce qui concerne les localisations :
-La sphère ORL est très touchée : nous observons bcp d’acouphènes de toutes sortes : bourdonnements, clapottements, sifflements, musique. Beaucoup d’otalgies et d’écoulements d’oreille.
-La racine du nez est particulièrement visée, avec des douleurs et du gonflement. Quand il est question de la racine du nez, ea dans un problème de sinusite, nous songeons volontiers à Kali Bichromicum. Mais Sarr. est seul avec KaliB. à Nose Pain Root pulsating. Au Kent, on ne trouve que Borax, KaliB. et Sarr. à Nose pulsating root, et 7 remèdes seulement à Nose pulsation root, dont KaliB. et Sarr.
-Une troisième localisation essentielle concerne le dos et les membres. Les deux plaintes qui dominent sont Pain et Weakness. On est particulièrement frappé de dénombrer non moins de 23 rubriques de douleurs au niveau des membres ! Et toutes les parties sont touchées, de la main au genou en passant par l’épaule, le bras, la hanche, la cuisse…

Si ces localisations peuvent nous faire penser au remède, une modalité peut nous y aider particulièrement : la chaleur. On la retrouve de façon parfois inatendue :
Head heat, et Heat morning
Ear heat
Face heat - heat sensation of – heat face were on fire (seul)
GF heat – heat uterus (11)
Back heat flushes cervical region (8) – heat extending to up the back (9) – heat lumbar region
- Heat spine – heat spine extending to upward (5) – id ext.to head (2) –
Extr.Heat hand – et curieusement: heat hand evening, 21h (seul)

Les rêves.
Le rêve d’insectes (6) ne nous étonne guerre. Le rêve d’hommes en armure (seul) est plus curieux. Curieux également, le rêve de musique ( seul au Kent) qui nous rappèle les acouphènes à forme de musique.

CARNIVORE MAIS…CULBABILISEE !


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