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Revue belge d'homéopathie

L'alimentation du cheval

par Dr Daniel Saelens, le 05 Août 2010

Nos animaux domestiques n'échappent pas à l'industrialisation de l'alimentation. Et pourtant, les soi-disant progrès de l'alimentation se traduisent par une "chimification" sans cesse grandissante de celle-ci entraînant une surcharge métabolique et se traduisant par des maladies chroniques de plus en plus fréquentes. Le cheval, notre frère animal , n'échappe pas à la règle et de nombreuses maladies chroniques comme les problèmes articulaires ou les allergies peuvent être grandement améliorés par un simple changement de nourriture.


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INTRODUCTION


Comme tous les animaux domestiques, le cheval dépend entièrement de son propriétaire pour subvenir à ses besoins alimentaires. Nous sommes entièrement responsables de ce qui se trouve dans leur assiette et il va de soi que nous avons le devoir de leur donner ce qui leur est le mieux approprié. De la qualité de l’alimentation dépendra non seulement la santé mais également les performances de notre partenaire.

Au cours de son évolution, l’homme s’est progressivement entouré d’animaux qu’il a sorti de l’anonymat de la nature pour « les élever », pour les faire passer à un rang supérieur. Et, pour pouvoir garder ses animaux près de lui en bonne santé, il est devenu un observateur minutieux, il a observé leur mode de vie à l’état sauvage et a transposé ses observations à la vie domestique. Au fil des siècles, de l’accumulation des connaissances et des expériences, l’élevage est devenu un art qui doit se faire selon certaines règles. Mais depuis quelques décennies, les règles de l’art de l’élevage ont été complètement bouleversées, et parmi elles, l’alimentation.
Le changement le plus spectaculaire est l’apparition des tables de rationnement, conséquence directe des découvertes de la chimie et de la biochimie. L’alimentation n’est plus un assemblage, une composition d’aliments choisis selon leur origine mais est devenue un assemblage de normes et de chiffres.
Les différents aliments sont transformés en hydrates de carbone, lipides, protides, minéraux, vitamines, …
Ces tableaux de rationnement permettent de mieux affiner certains régimes et d’éviter de grossières erreurs de rationnement mais il y a une autre face à la médaille. En effet, à force de parler de lipides, d’acides gras, d’acides aminés et autres hydrates de carbone, on a inventé un langage complètement artificiel qui nous fait perdre la notion de la réalité intrinsèque de l’aliment.
Un aliment est quelque chose qui se mange, qui fait partie des besoins végétatifs les plus basiques et n’importe quel singe sait ce qu’il doit manger et à quel moment. Nous en sommes arrivés dans notre civilisation à ne plus savoir manger si on est analphabète car on n’est dès lors pas capable de lire l’étiquette pour contrôler la composition et la date de péremption !!!

Je vous propose donc non pas une explication du régime alimentaire basée sur les normes mais bien sur l’observation et la connaissance biologique de notre frère cheval.


GENERALITES

Végétarien

C’est la toute première observation concernant le cheval : toute substance ingérée doit être d’origine végétale. Cela a l’air évident mais il est important de le rappeler. La seule et unique garantie que l’on ait pour vérifier l’origine végétale des aliments est de composer la ration à partir d’aliments simples.

Les aliments provenant des autres règnes ne conviennent pas au cheval :

Règne minéral : l’organisme animal n’est normalement pas prévu pour métaboliser une substance chimique. Toutes les substances chimiques ajoutées (vitamines, minéraux, conservateurs, édulcorants, colorants,etc…) en remplacement des substances naturelles correspondantes seront plus difficile à digérer et à métaboliser.
Il faut toujours préférer et privilégier l’apport de ces substances sous une forme naturelle.
Exemple : le calcium est présent dans l’herbe mais en très grande quantité dans le bois qu’il contribue à rendre dur et résistant. Lorsque le cheval ressent un besoin de calcium, il ronge les écorces des arbres.
Néanmoins, toute règle souffre quelques exceptions : le cheval prélève naturellement une petite quantité de minéraux de la même façon que nous ajoutons une pincée de sel dans nos aliments : on peut les voir par exemple lécher les pierres et il y a toujours un peu de souillure de terre sur l’herbe. On peut donc ajouter « une pincée » de sel marin ou d’argile dans les rations.

Règne animal : tous les produits provenant du règne animal ne sont pas prévus pour l’alimentation d’un herbivore. Je ne m’étendrai pas sur les farines de viande, de poisson ou d’os. Les matières grasses provenant du recyclage des huiles de friture contiennent des graisses animales (suif, blanc de bœuf, etc,…) et sont donc également à proscrire (peuvent se retrouver comme sources de matières grasses dans les aliments complets)
Tous les produits laitiers également or nous voyons beaucoup de compléments hyperprotéinés à base de poudre de lait.
Le lait de vache peut éventuellement servir de base comme lait de remplacement pour des poulains privés de lait maternel ou parfois être donné dans des cas extrêmes de dénutrition.
Cette remarque est la même en ce qui concerne les œufs.

On a l’habitude de dire que le cheval est un herbivore, ce qui est évidemment vrai puisque sa ration de base est constituée d’herbe ou de foin. Mais il est judicieux de rappeler que c’est également un rongeur, et que son biotope originel est plutôt la lisière de la forêt que la grande plaine. Tout apport de feuilles ou de branchages comestibles pour lui sera le bienvenu.

Non-ruminant

Cette précision est très importante et permet de différencier les équidés (cheval, zèbre, âne) des autres grands herbivores que sont les bovidés, les cervidés, les chameaux, …
Tous les herbivores ingèrent de grandes quantités de cellulose qui est en quelque sorte l’enveloppe de la cellule végétale. Cette cellulose est caractérisée par sa grande résistance. Outre l’action mécanique comme la mastication et enzymatique avec la salives et les différents sucs gastro-intestinaux, les herbivores hébergent une flore microbienne très spécifique qui leur permet non seulement de casser cette enveloppe afin de métaboliser l’intérieur des cellules végétales mais également, par le processus de la fermentation, de métaboliser la cellulose elle-même qui est une source très importante d’énergie.
Mais cette flore microbienne occupe beaucoup de place. Chez les ruminants, elle se trouve dans l’estomac qui est gigantesque et divisé en quatre compartiments. De plus, ces derniers ruminent, c’est-à-dire qu’ils régurgitent plusieurs fois le bol alimentaire qui est mâché et mastiqué ainsi à maintes reprises, ce qui augmente l’action mécanique.
Le cheval, quant à lui, a développé non pas l’estomac mais le caecum, première partie du gros intestin et le colon replié, deuxième partie du gros intestin.
Cette fermentation typique des herbivores produit énormément de gaz. Parmi eux, se trouvent les acides gras volatils qui sont absorbés par les parois des organes digestifs (rumen ou caecum/gros intestin) et qui sont ainsi une source importante d’énergie.
D’autres gaz comme le méthane sont évacués par l’orifice le plus proche – gueule chez les ruminants, anus chez le cheval.

La cellulose est donc une des principales sources d’énergie chez l’herbivore. La paille contenant principalement de la cellulose est par conséquent un des meilleurs carburants pour alimenter la chaudière pendant l’hiver.



SYSTEME DIGESTIF


1) Préhension et mastication :

Le cheval, contrairement aux ruminants, est très délicat dans la préhension et la mastication des aliments. Cette mastication est très importante pour la digestion des aliments d’une part pour l’action mécanique (une fois avalé, c’est fini) et d’autre part pour l’insalivation. Il faut savoir qu’un cheval peut produire jusqu’à 40 litres de salive par jour qui imprègne les aliments et les rendent plus digestes. Le cheval boit en pompant, ce qui demande une bonne coaptation des lèvres.
Les ruminants, par contre, peuvent se permettre de manger très vite puisque les aliments tombent directement dans la « cuve de fermentation ».
N’oublions pas que tout ce qui est ingéré chez le cheval doit traverser l’entièreté du système digestif pour arriver enfin dans le caecum. Le cheval est par conséquent très prudent en ce concerne ce qu’il met en bouche.

- Faire attention aux dents, surtout les molaires qui sont une véritable râpe. En cas d’obstacle au frottement (crochet), il peut y avoir une diminution très importante de la digestibilité des aliments. La qualité de la mastication est très facile à mettre en évidence par l’examen des crottins. Si les grains repassent non digérés, c’est que le cheval ne mâche pas bien.
- Il faut laisser le temps de manger, de bien mâcher. La base de la ration doit être constituée d’aliments grossiers riches en cellulose et pauvres en énergie directement assimilable (herbe, foin, paille). Le cheval est ainsi obligé de mâcher longtemps et de bien imprégner le bol alimentaire avec la salive. Il faut environ 45 min pour manger un kilo de foin et 20 min pour un kilo de céréales. Voir plus loin comment adapter l’alimentation à l’activité du cheval.

2) L’estomac : particularités

- L’estomac du cheval est relativement petit : 15 à 18 litres au total dont les 2/3 se remplissent, c'est-à-dire 10 litres. Il se vidange au fur et à mesure de la consommation (jusqu’à 8 fois par jour) et les derniers bols alimentaires bénéficient d’un séjour plus long dans l’estomac (6/8 h).

- La force du cardia qui est le sphincter de l’entrée de l’estomac. Celui-ci est très puissant et empêche tout refoulement gastrique.

-Acidité faible : peu de stérilisation du contenu intestinal

- Le cheval est un athlète et son système digestif est adapté à la nécessité de fournir de l’énergie aux muscles pendant l’effort prolongé. Le système cardio-respiratoire est disproportionné, le rythme cardiaque est très lent mais les volumes brassés très grands.
Le système musculaire du tube digestif est très réactif, permettant en cas de besoin d’accélérer la digestion. Une céréale aplatie peut ainsi arriver dans le caecum en moins d’une heure. Cette particularité ainsi que l’incapacité de vomir rend notre compagnon très sensible à la colique.

- Fractionner les repas
- Donner le foin avant les céréales afin de permettre à ces dernières de séjourner plus longtemps dans l’estomac et d’être ainsi mieux digérées.
- Donner des aliments de bonne qualité non moisis : les germes pathogènes passent facilement l’estomac, et peuvent provoquer des fermentations sources de coliques. De plus, le vomissement n’est pas possible : tout ce qui est avalé doit être digéré !!!
- Se méfier des bouchons déshydratés qui, en se réhydratant augmentent de volume et sont souvent source de blocage oesophagien. Ne pas confondre vomissement avec régurgitation oesophagienne par obstruction.
- Adapter l’alimentation (nombre de repas, aliments) à l’activité du cheval (cfr plus loin).

3) L’intestin grêle

Il mesure jusqu’à 24 mètres et est le siège de la digestion enzymatique. C’est dans l’intestin grêle qu’à lieu la plus grande partie de la digestion des aliments, à part la cellulose qui est digérée dans le gros intestin (caecum et colon). La « déconstruction » des aliments déjà entamée dans la bouche et dans l’estomac continue dans l’intestin. Les aliments sont réduits à l’état de « briques élémentaires », les protéines en acides aminés, les amidons et autres glucides en sucres élémentaires, les graisses en acides gras qui sont alors capables de traverser la barrière intestinale. C’est également dans l’intestin grêle qu’a lieu la résorption des minéraux et vitamines.
La digestion est principalement d’origine enzymatique : c'est-à-dire grâce à l’action des enzymes produits par le cheval, l’action bactérienne est moins importante à ce niveau. On a déjà parlé de la salive et des sucs gastriques. Viennent s’y ajouter la bile qui est secrétée en permanence car il n’y a pas de vésicule biliaire (de 4 à 7 l de bile par jour) et qui participe à la digestion des graisses, les sucs pancréatiques et les sucs intestinaux.

4) Le caecum

C’est la grosse marmite (40litres) qui permet la digestion de la cellulose. Nous avons ici un exemple extraordinaire de symbiose entre des organismes vivants. Le caecum est rempli de micro-organismes qui vivent et se multiplient dans ce milieu confiné et particulier. Ils ne savent pas vivre en dehors de ce milieu et dépendent donc entièrement de leur hôte pour leur survie. Le cheval, quant à lui, a absolument besoin de ces microbes pour digérer la cellulose. Celle-ci est transformée en acides gras volatils (AGV) qui peuvent être absorbés par le sang. Les matières azotées dégradées dans le caecum sont absorbées sous forme d’azote ammoniacal. Et, de plus, la flore microbienne est également responsable de la production des vitamines du groupe B.
De la même façon que le cardia cadenasse l’entrée de l’estomac, la valvule iléo-caecale (entre l’iléon – dernière portion de l’intestin grêle- et le caecum) cadenasse l’entrée de caecum et marque nettement la frontière entre la digestion à prédominance enzymatique et la digestion à prédominance microbienne.



5) Le colon replié

Il est également très volumineux et l’action entamée dans le caecum continue dans le colon replié. Il y a ici un rôle prédominant de réabsorption de l’eau.

6) Le rectum

C’est la dernière étape. La réabsorption de l’eau commencée dans le colon replié se continue et s’achève dans le rectum. C’est là que se forment les crottins.

- Cette partie du système digestif est très volumineuse et exige d’être remplie : la ration d’un cheval doit donc contenir absolument un volume important de nourriture pauvre en énergie et riche en cellulose et en fibres : herbe l’été, foin et paille l’hiver. Une alimentation dépourvue de ces éléments sera la source de graves dysfonctionnements intestinaux dont le symptôme le plus connu est la colique.
- Nous voyons encore une fois ici l’importance de distribuer les fourrages avant les céréales : les fourrages doivent séjourner longtemps dans le caecum, ils doivent donc y arriver les premiers, les céréales doivent séjourner longtemps dans l’estomac et doivent donc être ingérées après le fourrage.


LES DIFFERENTS ALIMENTS

1) Les aliments grossiers riches en fibres

L’herbe

C’est évidemment le premier des aliments du cheval. Il est très difficile de calculer ce que le cheval ingère lorsqu’il est au pré. On sait qu’il peut manger jusqu’à 100 kg d’herbe par jour mais la qualité de l’herbe est extrêmement variable d’une prairie à l’autre. Mais ce calcul n’est pas très utile car l’état général est le premier critère. Nous savons également qu’une herbe de qualité moyenne contient tout ce qui est nécessaire au développement du cheval.
Il faut néanmoins faire très attention à l’entretien d’une prairie dans laquelle se trouvent les chevaux. En effet, même si le pré est par définition le meilleur endroit pour mettre un herbivore, il faut savoir que le cheval est très mauvais pâturier. Il est nomade et a donc l’habitude d’être très sélectif dans le choix de ses herbes. Au bout d’un certain temps, il aura mangé une partie de l’herbe jusqu’aux racines et laissé une autre partie sans y toucher. La surface réellement utilisée est rapidement divisée par deux. Le cheval préfère des herbes pauvres mais variées plutôt que de l’herbe riche.
La division en parcelles est indispensable pour la gestion d’une prairie à long terme.
Lorsque c’est possible, il est également fortement conseillé de mettre des vaches dans les prairies. Le fait d’avoir deux espèces sur le même terrain va l’enrichir et empêcher la dégénérescence. Le mono élevage, tout comme la monoculture, est toujours une source de déséquilibre. Les prairies de nos grands-parents étaient toujours pâturées par les 4 espèces d’animaux de ferme : bovins, chevaux, porcs et basse-cour. Des études scientifiques ont montré que le parasitisme diminue lorsque plusieurs espèces animales vont sur la même prairie.
On essayera de ne pas dépasser deux chevaux à l’hectare.

Le foin

Pendant l’hiver, l’herbe ne pousse plus mais heureusement, le surplus de l’herbe provenant de la poussée printanière peut être conservé et stocké sous forme de foin. Lorsqu’il est conservé au sec, on peut le garder plusieurs années. Un bon foin doit être récolté au mois de juin avant que les herbes ne soient trop fibreuses. Plus il aura plu sur l’herbe coupée, plus celle-ci aura été « lavée », moins le foin sera riche. Un bon foin n’est pas poussiéreux et sent bon.
Attention, le préfané que l’on trouve en grosses balles emballées n’est pas du foin. Il possède toutes les substances présentes dans le foin mais il n’y a plus de vitamines. En effet, suite à l’acidification qui est le gage de la conservation, les vitamines ont été détruites.

La paille

C’est la tige des céréales, elle est la litière universelle. Mais elle est bien plus qu’une litière. En effet, les chevaux en sont friands et, bien qu’elle soit pauvre en énergie, c’est la meilleure source de cellulose dont on a vu l’importance pour le fonctionnement du caecum. Son côté rude est un des meilleurs stimulateurs des parois du caecum et elle a un rôle tampon très apprécié. Il faut donc accorder autant d’attention à la qualité de la paille qu’à la qualité du foin.
Il y a de plus en plus d’autres litières sur le marché mais elles n’ont que ce rôle de litière. Il est donc conseillé dans ce cas d’ajouter de la paille à la ration.


La luzerne

La culture de la luzerne a été presque abandonnée dans nos régions et pourtant, la luzerne constitue un très bon aliment.
C’est une légumineuse qui a donc la particularité de vivre en symbiose avec des micro-organismes qui captent l’azote atmosphérique. L’azote ainsi fixé peut être utilisée par la plante pour sa croissance. Ce sont des plantes naturellement riches en azote et elles en enrichissent le sol également. Elle contient une énorme quantité de béta-carotène qui est le précurseur de la vitamine A. On peut en faire du foin qui est un véritable régal mais la manipulation par les machines abîme très fort les feuilles fragiles et c’est la raison pour laquelle on n’en trouve quasiment plus. La version moderne, c’est le bouchon dont on a extrait le béta-carotène (mais il en reste quand même toujours).
Dans tous les cas, la luzerne peut être un bon aliment en hiver mais doit impérativement être rationnée étant donné sa richesse en protéines. Pendant l’hiver, il n’y a que les carottes, le foin et la luzerne (et l’herbe si le cheval sort un peu) qui peuvent subvenir aux besoins en vitamine A. Les chevaux qui ne reçoivent pas de foin devraient recevoir de la luzerne. La version foin est évidemment préférable mais est introuvable et hors de prix. Faute de grive, on mange du merle, on se rabat en général sur les bouchons (pas plus qu’un kilo par jour).

Les branches, et autres aliments fourragers

On a beaucoup trop tendance à l’oublier mais le cheval est, comme je l’ai dit plus haut, un rongeur. Il adore surtout ronger le bois et les branches et ce, surtout à certaines périodes de l’année comme par exemple en automne. Auparavant, les prairies étaient toujours bordées de haies et les animaux pouvaient donc facilement complémenter leur ration en mangeant dans les haies. Il est très intéressant de donner des branches et des tailles d’arbres aux chevaux, ils en raffolent.
ATTENTION, évidemment, tous les arbres de conviennent pas. Il faut proscrire tout ce qui est exotique, ornemental et conifère (l’if est le plus toxique mais les autres ne conviennent pas non plus).
Les noisetiers, saules, aubépines, frênes, arbres fruitiers ne posent aucun problème. N’oublions pas non plus des plantes comme les orties et les charbons qui, une fois fauchées et un peu séchées, sont des aliments très appréciés.

2) Les racines et sous-produits

Je profite de ce chapitre pour insister sur l’importance de la saison. Tout animal sauvage voit sa nourriture varier énormément en fonction de la saison. Avant l’arrivée des aliments industriels, les animaux domestiquent vivaient également cette variation saisonnière. L’aliment industriel n’apporte plus cette variation qui est cependant physiologique.
Les racines sont généralement des aliments d’hiver et il faut essayer de respecter cela.

Les betteraves

Il y a les betteraves sucrières qui doivent être évitées ou données en très petite quantité et les betteraves fourragères qui sont prévues pour l’alimentation du bétail.
Lorsque c’est possible, il est très intéressant de donner une betterave par jour en période hivernale. Celle-ci apporte de la fraîcheur dans une ration très sèche, de l’énergie, un peu de protéines et des minéraux en quantité variable. Les chevaux en raffolent. Une précaution est importante : la betterave gèle, il faut donc faire attention en période de gel et les couvrir d’un ballot de paille. Ne jamais donner de betteraves gelées ou moisies.


Les pulpes de betteraves

C’est le sous-produit des sucreries. C’est évidemment moins bon que le produit originel et elles contiennent des résidus de produits chimiques utilisés pour l’extraction du sucre. Elles n’apportent plus la fraîcheur tant appréciée de la betterave. Ceci dit, c’est une source d’énergie importante. Attention, il est absolument interdit de les donner sèches, elles gonflent et sont souvent source d’obstruction intestinale. Il faut les laisser gonfler pendant quelques heures.

Les carottes

C’est une friandise très appréciée par le cheval. On trouve maintenant des sacs de carottes de second choix qui ne sont vraiment pas chers. On peut en donner un kilo par jour. La grande qualité de la carotte est sa richesse en béta-carotène (cfr luzerne).
Il est très intéressant d’en ajouter dans la ration hivernale.


3) Fruits

Bien qu’ils ne fassent pas partie de la ration de base, tout le monde sait que les chevaux aiment les pommes, ou même les autres fruits comme les poires et les prunes. Les propriétaires de vergers l’ont déjà remarqué. L’apport de fruits en petites quantités est intéressant surtout l’hiver ou pour des chevaux qui n’ont pas l’occasion d’aller en prairie car les fruits sont riches en autres choses en vitamine C.
Les fruits secs comme les noix ou les noisettes sont très intéressants aussi mais de nouveau en petite quantité.

4) Les aliments concentrés

Les céréales

C’est le complément idéal du foin. Les céréales ont la particularité d’être très riche en énergie stockée sous forme d’amidon. Mais il y a beaucoup d’autres éléments très importants dans un grain de céréale.
L’amidon est en fait uniquement la réserve d’énergie qui servira au germe pour commencer son développement avant que la jeune plantule ne soit capable de puiser elle-même ses éléments avec les racines. Cet amidon est emprisonné dans une espèce de filet composé de protéines. La quantité de protéines est faible par rapport à l’amidon mais non négligeable et variable d’une céréale à l’autre. C’est également cette partie protéinique appelée gluten pour le froment qui est responsable de la montée du pain.
Il ne faut pas non plus oublier le germe qui contient également des protéines mais également des vitamines.
L’enveloppe du grain ou son est riche en minéraux de toutes les sortes (cfr tableaux).
Les céréales seront données soit entières pour forcer le cheval à mâcher, soit aplaties surtout pour les grains plus durs comme l’orge. Il ne faut cependant pas oublier qu’une céréale aplatie devrait être consommée dans les 15 jours. Les autres traitements (extruder, floconner,…) augmentent la digestibilité mais détruisent les vitamines et perturbent la vibration énergétique de l’aliment.

L’épeautre

C’est la céréale ancêtre de toutes les autres. Elle a été délaissée car ne donne pas de bons rendements. Mais elle est beaucoup plus rustique car moins dénaturée et continue à être cultivée surtout dans les régions plus pauvres comme en ardenne.
Elle a une valeur énergétique plus faible que les autres mais contient des protéines de très haute qualité. Il faut savoir que certains acides aminés ne savent pas être synthétisés par le cheval. Ceux-ci sont appelés essentiels et doivent se retrouver dans l’alimentation. L’épeautre est la seule céréale contenant ces acides aminés. De plus, le grain est récolté « emballé », c'est-à-dire entouré de paille qui n’est pas éliminée lors du moissonnage. Cette balle apporte ainsi automatiquement une bonne quantité de cellulose dont on a vu l’importance dans la ration.
Tout ceci en fait un aliment basique de choix pour le cheval. Le grain est tendre et ne nécessite donc pas un aplatissage.


L’orge
C’est la céréale la plus utilisée en alimentation équine. Elle est plus énergétique que l’épeautre. C’est une céréale de structure. Le grain est plus dur et certains chevaux qui n’ont pas pris l’habitude de mastiquer convenablement peuvent l’avaler sans l’avoir écrasé suffisamment. Il est alors préférable de l’aplatir.


L’avoine
C’est la céréale du feu, il y a une grande complicité entre le cheval et l’avoine mais
elle ne doit être utilisée que lors de travail important. Un cheval qui reçoit de l’avoine de façon non appropriée sera beaucoup moins équilibré. L’avoine ne donne pas la structure mais le feu et son énergie doit être utilisée immédiatement.

Le maïs
C’est la céréale la plus riche en énergie mais la plus pauvre en tout le reste. Le grain est très dur et doit donc être travaillé. On l’utilise surtout sous forme floconnée. Elle devient très appétée et digeste mais, malheureusement, à part de l’énergie qui se stockera sous forme de gras, elle n’apporte plus rien d’autre.

Les autres céréales
Il existe beaucoup d’autres céréales dont le froment, le seigle, le millet, …Elles sont beaucoup moins utilisées que ces dernières. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet.

La graine de lin

La graine de lin est un aliment qui a énormément de qualités. Elle contient les acides gras polyinsaturés alpha linolénique, linolénique et oléique mieux connus sous le nom d’oméga 3 et 6 ainsi que du bêta-carotène.
Elle contient également un mucilage, sorte de substance gélatineuse qui améliore le transit intestinal.
Pour libérer toutes les propriétés de la graine de lin, il faut verser de l’eau bouillante et laisser infuser pendant quelques minutes. Une poignée suffit.

Les tourteaux

Les céréales sont des concentrés d’énergie contenant un peu de protéines tandis que les tourteaux, sous-produits des graines oléagineuses sont des concentrés en protéines et en énergie. Les animaux ayant des besoins importants en protéines sont principalement les animaux en croissance et les femelles allaitantes. Les tourteaux sont surtout des éléments importants dans les rations des animaux de rente tels les bovins, les volailles, les porcs. La grande majorité des chevaux n’a pas besoin d’apports protéinés supplémentaires. Même les poulains en croissance et les juments suitées n’ont pas besoin de tourteaux. S’ils sont en prairie, le problème est résolu et s’ils sont en boxe, les céréales de bonne qualité, la luzerne et le foin sont suffisants pour satisfaire les besoins. De toute façon, la prairie est indispensable au poulain pour son développement. Les tourteaux se retrouvent principalement dans les aliments industriels. L’excès de protéines dans les rations des poulains peut être à l’origine de troubles de croissance.

4) Les vitamines

Les vitamines, comme leur nom l’indique, sont des substances nécessaires à la vie. Elles ne doivent pas être présentes en grande quantité mais la carence de l’une d’entre elles peut être à l’origine de graves maladies. Il y a des millions de pages qui ont déjà été écrites au sujet des vitamines et il est nécessaire de faire un peu le bilan de tout cela.
Comme je l’ai déjà dit, la première règle est qu’il faut toujours privilégier l’apport de vitamines naturelles par rapport aux vitamines de synthèse. Même si la formule chimique est la même, la vitamine chimique n’a pas tout à fait la même forme dans l’espace (stéréotaxie) et sa vibration électromagnétique n’est pas la même.
L’apport de vitamines de synthèse a été indispensable avec la venue sur le marché des aliments industriels qui sont tout à fait dépourvus de vitamines tandis qu’une alimentation traditionnelle, si elle est bien faite, doit normalement subvenir aux besoins.
Il y a aussi un facteur que l’on oublie généralement, c’est que la majorité des vitamines peuvent être produites par l’organisme du cheval, et principalement dans le caecum par la flore microbienne qui s’y trouve. Les seules vitamines qui n’y sont pas produites sont les vitamines A et E.
Néanmoins, il vaut toujours mieux qu’il y ait des vitamines dans la ration.

Les vitamines hydrosolubles

Ce sont les vitamines se trouvant en solution dans l’eau : B, C, H, PP et encore de multiples autres substances. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet car les actions de ces différentes vitamines pourraient faire l’objet d’un cours.
On les trouve dans l’herbe, dans le foin, dans les fruits (il est bon de donner des pommes pendant l’hiver), dans les germes des céréales.

Les vitamines liposolubles

Comme leur nom l’indique, elles se trouvent dans les graisses. Ce sont principalement les vitamines A, D et E (mais aussi F et K).
La vitamine D est synthétisée à partir des rayons ultraviolets du soleil, il est donc impérieux de sortir les chevaux tous les jours.
Examinons d’un peu plus près les vitamines A et E car leur présence dépend uniquement des apports de la ration.
Attention, les excès des vitamines liposolubles sont toujours toxiques, beaucoup plus que pour les hydrosolubles dont l’excès peut être éliminé par les reins.

Vit A

C’est une substance très importante à beaucoup de point de vue. Le cheval sait la synthétiser à partir du carotène que l’on trouve dans l’herbe, le foin, la luzerne, les germes de céréales et les carottes.
Attention, les excès sont très toxiques.

Vit E

C’est le tocophérol. Elle est très à la mode car, associée au sélénium, elle a des propriétés anti-oxydantes très recherchées pour lutter contre le cancer et le vieillissement (stimule entre autres le glutathion-peroxydase).
On la trouve dans les germes des céréales et dans l’herbe.
C’est la vitamine pour laquelle les carences sont les plus fréquentes.
Il ne faut pas oublier que toutes ces vitamines se retrouvent dans les huiles. Toutes les huiles végétales de bonne qualité (extraites à froid) sont donc une bonne source. C’est pour cette raison qu’il est conseillé de donner 2 à 3 fois par semaine une cuillère à soupe d’huile végétale dans la ration. Elles apporteront également des acides gras essentiels (non synthétisés par l’organisme). L’équilibre est fille de la variété, il faut donc varier les apports (tournesol, olive, germes de blé, carthame, maïs, …).

Il ne faut pas non plus négliger l’apport vitaminique que peut constituer les fruits secs. Il est très intéressant d’ajouter une poignée de noix, noisettes ou châtaignes de temps en temps dans la ration hivernale.

5) Les minéraux

Ils sont souvent associés aux vitamines car se retrouvent également en petites doses et sont également indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Comme pour les vitamines, il faut toujours privilégier les sources naturelles.
On trouve les macro-éléments que l’on mesure en grammes et les oligo-éléments en mg et même encore moins.

Les macro-éléments
Calcium (Ca)
On le trouve dans les fourrages, les céréales, les écorces, il y a très peu de carences possibles. Il faut faire surtout attention à l’équilibre Ca/P qui ne doit pas être inférieur à 1,5. N’oublions pas que le lait, très riche en Ca est produit par la vache, herbivore qui trouve son calcium dans l’herbe et les fourrages.

Phosphore (P)
Très concentré dans le son et les céréales. C’est pour cela qu’il ne faut pas de rations trop pauvres en aliments grossiers qui permettent de tamponner les excès de P des céréales.

Magnésium (Mg)
C’est le métal présent dans la chlorophylle comme le fer est présent dans l’hémoglobine chez les animaux. On ne trouve des carences que lorsqu’il y a des rations sans herbe ni foin.

Sodium (Na)
Il est présent en quantités suffisantes dans les rations classiques. On peut cependant ajouter de temps en temps une pincée de sel marin, ce qui a l’avantage d’apporter beaucoup d’autres oligo-éléments comme l’iode par exemple.

Les oligo-éléments
Manganèse, cuivre, zinc, sélénium et encore beaucoup d’autres participent au bon fonctionnement du métabolisme. Il n’y a en général pas de problèmes de ce côté.

Les produits riches en minéraux sont les céréales, les fruits secs, l’ail, mais on peut penser également aux algues marines et, comme minéraux purs, du sel de mer ou de l’argile verte.

ADAPTATION DE LA RATION AU TRAVAIL

Voici la liste de ce qui est bon pour le cheval mais il est évident que la ration devra être adaptée à la vie de chaque cheval.
Nous avons vu que l’anatomie digestive du cheval lui imposait un temps relativement long pour manger. Si le cheval travaille beaucoup, il faudra gérer de façon judicieuse le temps du travail et le temps du repas.
En général, plus le cheval travaille, moins il a le temps de manger des quantités d’herbe. Nous avons vu aussi que le système cardio-vasculaire était adapté à sa vie d’athlète. Plus le travail est intense, et plus le transit augmente, pouvant ainsi amener les aliments plus rapidement jusqu’au caecum.
Il y a une différence fondamentale entre un cheval qui travaille et un autre qui est au repos (ce qui est le cas pour la majorité à l’heure actuelle).
Dans le premier cas, on essaie d’avoir une efficacité alimentaire la plus grande possible et dans l’autre cas, il faut penser à occuper l’animal le plus longtemps possible. Il est inconscient de nourrir trop un cheval au repos et il l’est tout autant de ne pas nourrir assez un cheval qui travaille.
En cas de travail intense, il faudra penser à donner la ration au moins une heure avant de partir afin qu’il ait le temps de manger avant de partir. On lui donnera du foin et des céréales. Si l’effort fourni est très intense, on peut lui donner des rations fragmentées durant la journée de céréales aplaties qui seront plus vite métabolisées, l’avoine étant dans ce cas la plus adaptée. Attention, travail veut dire transpiration. Si ce n’est qu’un peu de balade, ce n’est pas du travail et l’avoine - le feu - n’est pas adaptée. Le soir, en rentrant du boulot, le cheval aura le temps de manger à son aise, c’est le on moment pour lui donner une grande quantité de foin ou de paille ou de la mettre en prairie pour qu’il se détende.

Par contre, un cheval qui s’ennuie toute la journée doit avoir une ration très pauvre, très fibreuse pour l’occuper pendant une bonne partie de la journée. La mise en prairie est la meilleure solution mais il ne faut jamais oublier que l’animal domestique doit avoir une utilité. Si le cheval reste pendant mois dans sa prairie sans rien faire, sa vie ne sera pas très intéressante. Dans ce cas, il vaut mieux avoir un biotope le plus riche possible, absolument d’autres chevaux car il est grégaire et pour bien faire, d’autres espèces animales comme les vaches.


CALCULS DE RATION

Nous avons à l’heure actuelle des données précises concernant les besoins alimentaires de nos animaux domestiques. Les besoins ne sont pas exprimés en sortes d’aliment : autant de kilos de foin, autant de kilos de céréales mais en composants : autant d’énergie, autant de matières azotées, autant de calcium, …
On décortique les besoins du cheval en ces besoins et on décortique les aliments de la même façon.
Les calculs de base se font avec la matière sèche (MS), l’énergie et la matière azotée.
Il faut ensuite équilibrer avec les minéraux.
Avantages : cela donne une idée bien précise des quantités à donner à chaque animal, on peut ainsi éviter des excès ou des carences importantes.

Limites : ces calculs donnent une idée des quantités à distribuer, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des différences parfois très grandes entre la ration calculée, la ration distribuée, la ration réellement ingérée, la ration digérée (rôle primordial de la mastication par ex), la ration métabolisée.
Le calcul de ration est un moyen génial de voir dans quel direction on se trouve, et nous permet de résoudre parfois des problèmes très importants mais cela ne doit en aucun cas remplacer le bon sens et l’observation clinique. Si la ration est bien calculée et que le cheval est trop maigre ou trop gras, c’est qu’il y a un problème.
Il ne faut pas non plus faire manger n’importe quoi sous prétexte d’équilibrer les calculs. Lorsqu’il manque du calcium par exemple, il est très facile sur papier d’ajouter quelques grammes de poudre d’os, cela arrange bien les calculs mais on oublie qu’un cheval n’est pas fait pour manger des os !!!

La matière sèche
Toutes les compositions alimentaires sont exprimées par rapport à la matière sèche qui est standard. La quantité de nourriture totale est aussi exprimée en MS.

L’énergie
Est exprimée en UFC, unité fourragère cheval : c’est l’énergie fournie par un kilo de matière sèche d’orge standard.
On parle également du coefficient d’encombrement, qui exprime l’idée que l’aliment doit contenir comme je l’ai dit plus haut une grande quantité de cellulose, doit occuper un certain volume pour être bien digérer. Ce coefficient d’enconbrement peut diminuer lorsque le cheval travaille beaucoup, il est exprimé en kg MS/UF. Il doit être de 2 au repos et peut diminuer jusqu’à 1,2 au travail.

La matière azotée
MP (matière protéiques) : il y a la MPb matière protéique brute et la MPd digestible qui est la partie réellement utilisée. Un trop grand écart entre ces valeurs donnera un gaspillage d’azote.


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