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Revue belge d'homéopathie

L'homœpathie, instrument de réconciliation?

par Daniel Saelens, le 07 Février 2014

Conférence donné à Turin le 19 octobre 2013 à l’occasion de la rentrée académique de l’Ecole « Simila Similibus »:

L'homœopathie peut-elle être un instrument pour réconcilier l'homme avec lui-même et avec son environnement?

Chers confrères, chers amis,

Permettez-moi tout d’abord de remercier mon cher ami Marco Colla qui a rendu possible cette rencontre. C’est un grand honneur pour moi d’être présent à ce premier séminaire de la toute nouvelle école d’homéopathie « Similia similibus ». Je suis particulièrement heureux que l’Ecole Belge d’Homœopathie héritière de plus de 140 ans d’enseignement homéopathique en Belgique ait pu contribuer à la naissance de ce centre à travers notre plate-forme de E-learning « Homeobel.org ».

La Société Royale Belge d’Homœopathie fut parrainée dès sa création en 1872 par deux prestigieux disciples du grand Maître Hahnemann : Heinrich Gotlieb Jahr et Clemens von Boenninghausen. Notre école a donc une longue tradition de défense et d’enseignement de l’homéopathie strictement hahnemannienne uniciste. Ceci est très important car le sujet de ma conférence est le rôle du traitement homéopathique dans la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec toute la création. Cette profondeur de guérison ne peut être obtenue qu’en respectant scrupuleusement les consignes léguées par Samuel Hahnemann dans ses ouvrages de référence que sont l’Organon et Les Maladies Chroniques. Toute autre méthode dérivée utilisant certes des remèdes dilués/dynamisés mais pas selon les règles adéquates n’atteindra pas cette profondeur.

Je suis vétérinaire depuis maintenant 25 ans et ai commencé à étudier l’homéopathie depuis lors. J’ai tout de suite été frappé et séduit par la définition de la maladie selon Hahnemann. Tout d’un coup, les maladies n’étaient plus comme je l’ai appris pendant 6 ans à la faculté, provoquées par un méchant microbe ou par un méchant cancer contre lesquels il faut déclarer la guerre mais bien par un déséquilibre de la force vitale.

La maladie est provoquée par un déséquilibre de la force vitale

Organon §12. Il n'y a que la force vitale désaccordée qui produise les maladies (1). Les phénomènes morbides accessibles à nos sens expriment donc en même temps tout le changement interne, c'est-à-dire la totalité du désaccord de la puissance intérieure. En un mot, ils mettent la maladie tout entière en évidence. Par conséquent, la guérison, c'est-à-dire la cessation de toute manifestation maladive, la disparition de tous les changements appréciables qui sont incompatibles avec l'état normal de la vie, a pour condition et suppose nécessairement que la force vitale soit rétablie dans son intégrité et l'organisme entier ramené à la santé.

Tout le reste : microbe, accident, choc émotionnel sont des « facteurs déclenchants ou cause morbifique » et non la cause la maladie. La véritable cause de la maladie est une prédisposition, une faille dans l’harmonie de la force vitale. Le briquet allumé dans une maison ne provoque l’explosion que lorsqu’il y a au préalable une fuite de gaz.
§ 31. Les puissances ennemies, tant physiques que morales, qui portent atteinte à notre vie ici-bas, et qu'on appelle influences morbifiques, ne possèdent pas d'une manière absolue la faculté d'altérer la santé (1) ; nous ne tombons malades, sous leur influence, que quand notre organisme est insuffisamment prédisposé à ressentir l'atteinte des causes morbifiques, et à se laisser mettre par elles dans un état où les sensations qu'il éprouve et les actions qu'il exécute soient différentes de celles qui ont lieu dans l'état normal. Ces puissances ne font donc naître la maladie, ni chez tous les hommes, ni chez un même homme dans tous les temps.

Etude approfondie de la force vitale

Etudions d’un peu plus près cette notion de force vitale, véritable pierre angulaire de la conception hahnemannienne de la maladie. Sans comprendre convenablement ce que Hahnemann veut dire par cette notion, il est impossible de maîtriser l’homœopathie.

La maladie, nous l’avons vu, est donc un désaccord de la force vitale, le désaccord suppose un état préalable « non désaccordé », harmonieux.

§9 : Dans l’état de santé, la force vitale qui anime dynamiquement la partie matérielle du corps exerce un pouvoir illimité. Elle entretient toutes les parties de l’organisme dans une admirable harmonie vitale, sous le rapport du sentiment et de l’activité, de manière que l’esprit doué de raison qui réside en nous peut librement employer ces instruments vivants et sains pour atteindre au but élevé de notre existence.

[i]§10 : L’organisme matériel, supposé sans force vitale, ne peut ni sentir, ni agir, ni rien faire pour sa propre conservation*, C’est à l’être immatériel seul qui l’anime dans l’état de santé et de maladie, qu’il doit le sentiment et l’accomplissement de ses fonctions vitales.
Note :* Il est mort, et dès lors, soumis uniquement à la puissance du monde physique extérieur, il tombe en putréfaction.[/i]

Autrement dit, la vie est un processus dynamique immatériel entretenu par une force vitale, véritable chef d’orchestre qui doit harmoniser son bon fonctionnement. La maladie est un état différent de l’harmonie vitale. La vie, la maladie, la vieillesse et la mort sont des états différents du même concept.

Attention, nous parlons de force et pas d’énergie

Mon prédécesseur à l’EBH, le Dr Jean-Claude Grégoire, dans un article consacré à ce sujet dans la Revue Belge d’Homœopathie de septembre 2011 souligne à juste titre que Hahnemann parle de force vitale et ensuite de principe vital mais jamais d’énergie vitale.

Je vous en résume quelques points importants : la force sous-entend une notion de principe immatériel pur qui est à l’origine du mouvement tandis que l’énergie est une quantité, une capacité à produire du travail qui peut être mesurée en joules, en kilowattheures, etc…
La force est donc immatérielle et à l’origine de la mise en mouvement tandis que l’énergie qui est mesurable est une quantité de travail nécessaire à cette mise en mouvement.

Cette différence entre force et énergie est reprise dans §29 de l’Organon :
« […] La force vitale est maintenant obligée d’utiliser une énergie augmentée (*) [contre la maladie médicinale artifi¬cielle], mais, étant donné la courte durée d’action de la puissance médicinale, la maladie [...] est bientôt vaincue à nouveau par la force vitale [...] » (trad. pers. — italiques de Hahne¬mann).

(*) Note : Traduction littérale de « eine erhötete Energie ».

Autrement dit, après l’administration du remède parfaitement homéopathique, la force vitale utilise une plus grande quantité d’énergie (= une énergie augmentée) contre la maladie, ce qui lui permet de remporter la victoire. Notez la notion de quantité d’énergie !

La différence entre force vitale et Esprit

Le §9 mérite que l’on s’y attarde un peu. Hahnemann y parle à la fois de la force vitale immatérielle quant à son essence et qui permet au corps physique d’être animé ; et d’autre part de « l’esprit doué de raison qui réside en nous ».

§9 : Dans l’état de santé, la force vitale qui anime dynamiquement la partie matérielle du corps exerce un pouvoir illimité. Elle entretient toutes les parties de l’organisme dans une admirable harmonie vitale, sous le rapport du sentiment et de l’activité, de manière que l’esprit doué de raison qui réside en nous peut librement employer ces instruments vivants et sains pour atteindre au but élevé de notre existence.

Il y a d’abord le corps physique, organisme matériel, ensemble d’atomes, de molécules, de cellules.

Il y a une force « vitale » qui permet à ces molécules matérielles de tenir ensemble, et qui défient ainsi en permanence les lois physiques de la pesanteur et de l’entropie.

Cette force permet d’entretenir dynamiquement l’organisme dans une admirable harmonie vitale. Le corps physique est animé grâce à une force vitale.

L’esprit doué de raison qui habite en nous utilise ces instruments vivants pour atteindre au but élevé de notre existence. Pour Hahnemann, il y donc bien une distinction entre la force vitale et un « esprit doué de raison qui habite en nous »

Nous ne pouvons bien comprendre ces notions sans nous référer à des notions de philosophie. Ayant été élève du Dr Alfonso Masi Elisalde, je me permettrai d’utiliser le modèle philosophique de Saint Thomas d’Aquin lui-même inspiré d’Aristote.

Les différents règnes

Il existe sur terre deux sortes de corps: les corps inanimés et les corps animés ou vivants. Littéralement, inanimé veut dire “sans âme”, le corps vivant est donc doté d’une âme que le corps inanimé ne possède pas. Ce qui différencie les corps vivants, c’est qu’ils SE MEUVENT PAR EUX-MËMES, ils ont un mouvement qui vient DE L’INTERIEUR, tandis que les êtres inanimés ne bougent que lorsqu’ils sont mis en mouvement par une force extérieure (ex: loi de la pesanteur). Le mouvement des êtres vivants peut être involontaire (plantes) ou volontaire instinctif (animaux) ou volontaire réfléchi (homme). Il y donc une force interne chez les êtres vivants que l’on appelle la vie ou l’âme (anima~animé) et que Hahnemann appelle force vitale.

Le monde inanimé

C’est le règne minéral dont les éléments de base sont les éléments du tableau périodique de Mendeleïev. Ils peuvent se trouvent sous forme SOLIDE, LIQUIDE OU GAZEUSE. Et, comme je l’ai dit, ils doivent subir une force extérieure pour être mis en mouvement (loi de la pesanteur).

Le monde animé ou vivant

1° Le règne végétal

C’est le monde des végétaux, des plantes. Ces corps sont dotés de la VIE VEGETATIVE ou AME VEGETATIVE qui leur donne la possibilité d’établir des échanges nutritifs et gazeux avec le monde minéral afin d’assurer
LE MAINTIEN EN VIE,
LA CROISSANCE
LA REPRODUCTION.
Ils ne jouissent que de l’exécution de leur mouvement; la forme de leur mouvement et la fin (le but) de leur mouvement leur est imposée. Par exemple, une plante verte tend vers la lumière: c’est un mouvement qui vient de l’intérieur; c’est la plante elle-même qui exécute le mouvement (condition pour être vivant) mais ce n’est pas la plante qui prend la décision (la fin), elle est obligée de se diriger vers la lumière et ce n’est pas elle non plus qui décide de la forme du mouvement.

2° Le règne animal

C’est un deuxième niveau de vie. Les animaux sont des êtres dotés de la vie végétative (maintien, croissance, reproduction) mais qui, en plus, possèdent un niveau de vie supplémentaire, la VIE OU AME SENSITIVE. Cette force supplémentaire leur permet d’avoir des SENSATIONS (par les sens externes, cinq chez les animaux supérieurs); ils possèdent en outre un système nerveux qui transmet et analyse l’information; et ils peuvent exécuter des mouvements de façon volontaire.

Ils jouissent donc de l’exécution de leur mouvement et de la forme de leur mouvement mais ils n’en prennent pas eux-mêmes la décision.
C’est l’instinct qui les commande.

L’instinct n’est autre que la FORCE VITALE DE LA NATURE TOUTE ENTIERE et est remplacé en partie par l’homme pour les animaux domestiques: c’est l’instinct qui entraîne un troupeau de chevaux dans une certaine direction, c’est l’homme qui guide le cheval domestiqué.

3° L’homme

Et enfin, au sommet de la pyramide se trouve l’homme, homo sapiens, dont le dictionnaire dit que c’est un être doué d’intelligence . C’est donc l’intelligence, le raisonnement qui distincte l’homme de l’animal. En plus de l’âme (végétative et sensitive), l’homme possède la raison.

Etre raisonnable, c’est prendre conscience de ses actes, c’est prendre conscience de la conséquence de ses actes . On dit d’un enfant qu’il atteint l’âge de raison (7 ans) quand il prend conscience de la conséquence de ses actes. C’est également la possibilité d’utiliser le verbe, la parole, langage élaboré mais aussi de faire référence à des concepts abstraits, venant du passé ou du futur, appartenant à un autre espace temps que celui immédiatement sensoriel.

L’homme jouit non seulement de l’exécution et de la forme de ses mouvement mais aussi de leur fin (décision).

L’homme délibère et choisit lui-même de se mettre en mouvement. C’est ce qu’on appelle le libre-arbitre alors que l’animal est soumis à l’instinct.

Chaque niveau intègre complètement le précédent et a quelque chose EN PLUS.

L’homme, doué d’intelligence, n’est pas différent de la nature qui l’entoure mais, au contraire, la RECAPITULE TOUTE ENTIERE et possède l’intelligence en sus.

Cette notion est magnifiquement mise en évidence dans l’embryogenèse où nous voyons une succession de tous les stades en partant de l’organisme unicellulaire. Si un stade se passe mal ou est manquant, l’enfant naîtra handicapé.

L’instinct chez les animaux, l’estimative chez l’homme.

L’acte instinctif est donc par définition un acte irréfléchi, spontané, non libre, caractéristique à l’animal.
L’acte humain, par contre, est toujours soumis, même dans l’urgence, à la décision suprême de la réflexion, de la raison. C’est pourquoi Saint Thomas appelle l’instinct chez l’homme « Estimative ». L’homme, doué de la raison, est condamné à raisonner. Les animaux ne jouissant pas de la raison, ne sont pas libres de leurs actes et sont donc toujours innocents. Les enfants, les fous et les « enfants Mowgli » le sont également.
Mais l’homme adulte qui agit sans réfléchir, sans raisonner, devient la victime à la fois de forces extérieures – Paracelse dit qu’il est soumis aux forces des astres – et la proie de ses bêtes intérieures non contrôlées. Son comportement n’est plus digne des animaux (innocents), il devient bestial.
Qu’il le veuille ou non, l’homme adulte est responsable de ses actes

[b]Plante : acte automatique
Animal : acte spontané, irréfléchi, instinctif
Homme : acte raisonné, réfléchi, volontaire

L’homme tripartite : corps, âme et Esprit

A la lumière de ce qui vient d’être développé, il est absolument urgent d’en finir avec la vision binaire qui fait de l’homme un composé corps et âme. L’âme vient du latin « anima » et signifie que le corps est animé ; les plantes sont animées ainsi que les animaux. Le libre–arbitre dont jouit l’homme et dont nous venons de parler provient du fait qu’il a reçu en plus le don de l’Esprit.

Malheureusement, cette vision tripartite de l’homme – corps/âme/Esprit - (appelée aussi anthropologie ternaire) a été occultée dans notre civilisation alors qu’elle était décrite clairement chez les Pères de l’Eglise et dans toutes les grandes philosophies et religions. Ce qui est extrêmement dommage dans la mesure où cela permet à l’homme en recherche perpétuelle de compréhension de beaucoup mieux discerner les évènements qui lui arrivent.

L’âme humaine est cependant différente de celle des animaux car même si l’homme ne raisonne pas, l’Esprit est présent et influence son âme. L’âme humaine est de ce fait également appelée la psyché et son étude en est la psychologie. Notre monde cartésien du nom du célèbre Descartes qui a érigé le mode binaire corps/âme en postulat occultant délibérément la troisième composante de l’homme, l’Esprit ou du moins la confondant avec l’âme-psyché. Or l’Esprit en l’homme est à la fois la source et l’aboutissement. C’est la présence de l’Esprit qui guide l’homme dans son chemin initiatique, qui doit « naître » à son JE le plus intime. Ce chemin initiatique n’est possible que dans le dépassement et la transcendance des tendances psychologiques qui, livrées à elles-mêmes, emmènent l’homme vers le chaos.

En écrivant le §9 de son Organon, Hahnemann adhère sans aucun doute à la notion de l’homme tripartite.

Voici un passage de la préface de l’excellent livre de Michel Fromaget « L’Homme, corps, âme et esprit » écrite par Arnaud Desjardins :

« Notre manière de penser et de raisonner est encore très imprégnée du dualisme corps-âme transmis par un christianisme qui n’est pas celui des premiers chrétiens. Le troisième terme, l’Esprit, fondement de toute spiritualité, a tragiquement été occulté, alors qu’il figurait comme une donnée essentielle du christianisme des origines. Quand le Christ dit « Mon âme est triste,… », il n’a pas dit « Mon esprit est triste ». Ce point est capital si on veut comprendre en quoi consiste l’essence d’une voie de transformation et éviter les confusions entre ce qui appartient encore au domaine des émotions, c’est à dire du psychisme, et ce qui relève de la spiritualité proprement dite qui n’est pas soumise à la fluctuation des « états d’âme». …car la confusion du psychisme et du spirituel rend incompréhensible l’essence des enseignements justement désignés comme spirituels...L’homme psychique est instable, contradictoire, soumis à toutes sortes de mécanismes internes – ceux-là même qu’étudie la psychologie. Tout état d’âme, aussi généreux, aussi altruiste soit-il, qui est susceptible, à la faveur des circonstances, de se muer en son contraire, appartient toujours au domaine psychique. Mais ces lois que la psychologie découvre et énonce en tant que science ne s’appliquent pas à l’homme pneumatique établi dans la liberté, l’amour, la joie, la paix. Il est libre, autonome, indépendant – pour reprendre les mots de l’auteur : « indépendance absolue à l’endroit de l’environnement extérieur, matériel, comme à celui des circonstances intérieures, psychiques. »

La force naturelle d’auto-guérison ou « vis natura medicatrix »

C’est la tendance à guérir tout seul sans remède. Hahnemann en parle tout au long de son œuvre mais sans vraiment en faire un chapitre à part. C’est en fait une des propriétés de la force vitale qui, naturellement, tend à restaurer l’harmonie.
C’est très visible lors des maladies aiguës ou accidentelles. Par l’idée du principe vital dynamique, nous comprenons bien cette notion de guérison spontanée.

C‘est une défaillance de cette capacité naturelle qui est à l’origine des maladies. Dans les maladies chroniques, cette nature médicatrice n’est pas suffisante. Il faut un coup de pouce supplémentaire qui est l’administration d’un moyen énergétique.
L’outil biologique qui rend possible l’action de la vis natura medicatrix est le système immunitaire.

Le médecin homœopathe est un hygiéniste de nature

Le but du remède est de restaurer l’intégrité de la force vitale, en particulier, sa capacité d’auto guérison. Ce n’est pas le remède qui guérit, c’est la force vitale qui a retrouvé ses pouvoirs suite à l’action du remède.

C’est ce que Hahnemann décrit comme l’art de guérir.

Mais, outre ce rôle, il va de soi qu’il mettra tous les moyens en œuvre pour promouvoir une façon de vivre qui évitera d’affaiblir inutilement notre force vitale.

C’est ce que Hahnemann décrit comme l’art de vivre.

Le médecin qui se contente d’utiliser uniquement l’art de guérir en négligeant de promouvoir l’art de vivre ampute la pensée hahnemannienne de la moitié de son message.

§ 3. Quand le médecin aperçoit nettement ce qui est à guérir dans les maladies, c'est-à-dire dans chaque cas morbide individuel (connaissance de la maladie, indication) ; lorsqu'il a une notion précise de ce qui est curatif dans les médicaments, c'est-à-dire dans chaque médicament en particulier (connaissance des vertus médicinales) ; lorsque, guidé par des raisons évidentes, il sait choisir la substance que son action rend le plus appropriée à chaque cas (choix du médicament), adopter pour elle le mode de préparation qui convient le mieux, estimer la quantité à laquelle on doit l'administrer, et juger du moment où cette dose demande à être répétée, en un mot, faire de ce qu'il y a de curatif dans les médicaments à ce qu'il y a d'indubitablement malade chez le sujet une application telle que la guérison doive s'ensuivre ; quand enfin, dans chaque cas spécial, il connait les obstacles au retour de la santé, et sait les écarter pour que le rétablissement soit durable, alors seulement il agit d'une manière rationnelle et conforme au but qu'il se propose d'atteindre, alors seulement il mérite le titre de vrai médecin.

§ 4. Le médecin est en même temps conservateur de la santé, quand il connaît les choses qui la dérangent, qui produisent et entretiennent les maladies, et qu'il sait les écarter de l'homme bien portant.

Je me contenterai de citer ces deux paragraphes qui ne laissent aucune équivoque mais ce message est distillé à travers toute son œuvre.

Le résumé de cette pensée est donné dans la préface du volume IV des maladies chroniques publié en 1838 :

Les ressources du principe vital de nature spirituelle, que le Créateur infiniment bon nous a donné en partage, à nous, les hommes, sont incroyablement grandes, [b]à condition que nous, les médecins, comprenions comment maintenir son intégrité dans les périodes de santé en prescrivant un mode de vie sain, et comment l'animer et l'exalter dans les maladies par un traitement purement homœopathique.

Le remède homœopathique fait réagir la force vitale et non l’Esprit[/b]

Il y a souvent une confusion à propos du mode d’action du remède homœopathique. Un des principaux signes de l’action du remède est que le patient se sent mieux, est comme libéré du poids de ses souffrances, il peut envisager ses problèmes quotidiens sous un autre angle.

C’est ce qui fait dire souvent que le remède agit au niveau du mental. Or, nous avons bien vu en particulier dans le §9 que le remède agit de façon dynamique immatérielle sur la force vitale elle-même immatérielle. Cette force vitale est immatérielle mais est bien distincte de l’esprit qui représente un autre concept.

La force vitale est commune aux plantes et aux animaux, le remède homœopathique est actif chez les plantes et les animaux. Il est donc évident que la zone d’action du remède est la partie végétative de notre corps. Le remède agit sur le fonctionnement biologique cellulaire. Si le moral va mieux après la prise d’un remède approprié, c’est une conséquence d’une meilleure harmonie dans le fonctionnement biologique de chaque cellule.

Le remède, de même nature immatérielle que la force vitale, agit sur cette dernière. Ainsi stimulée, la force vitale se « réveille » pourrait-on dire et réharmonise toutes les cellules de notre corps. Le corps fonctionne mieux, lâche ses toxines (éliminations), et le moral s’améliore.

Ne confondons pas la cause et l’effet, l’amélioration du moral ne veut pas dire que le remède agit sur notre psyché et encore moins sur notre esprit. Ce dernier est le garant de notre libre-arbitre et est « intouchable ». Si ce n’était pas le cas, si l’homœopathie avait le pouvoir de toucher à notre libre-arbitre, ce serait une secte et les homœopathes des gourous !

Il y a un but à la guérison

Alors maintenant, nous arrivons à la fin de cette conférence mais aussi au cœur de notre sujet : la guérison obtenue par l’effet d’un remède homéopathique peut-elle réconcilier l'homme avec lui-même et avec son environnement?

Reprenons une fois de plus notre fameux §9 :

Dans l’état de santé, la force vitale qui anime dynamiquement la partie matérielle du corps exerce un pouvoir illimité. Elle entretient toutes les parties de l’organisme dans une admirable harmonie vitale, sous le rapport du sentiment et de l’activité, [/b]de manière que l’esprit doué de raison qui réside en nous peut librement employer ces instruments vivants et sains pour atteindre au but élevé de notre existence.

Je retiendrai pour commencer le mot « librement ». La guérison homœopathique libère donc l’homme de ses souffrances, de ses croyances qui le font voir le monde avec des lunettes déformantes. Toute personne ayant une un jour dans sa vie la chance de recevoir un remède simillimum pourra témoigner de cet état de grâce, de cette libération qui permet de prendre du recul, de prendre de la distance avec sa souffrance.

Les instruments vivants et sains : le corps physique animé (vivant) par une force vitale harmonieuse (sain) est un outil au service de l’esprit doué de raison qui réside nous. Nous sommes, nous les médecins, des mécaniciens qui devont réparer l’outil, c’est notre seul devoir
§1 : La première, l'unique vocation du médecin est de rendre la santé aux personnes malades ; c'est ce qu'on appelle guérir.

Le deuxième passage est extrait d’un écrit mineur de Hahnemann : «Aesculape dans la balance ».

« Habitant de la terre, que ta vie est courte ici-bas ! Et avec quelles difficultés dois-tu te satisfaire à chaque étape pour entretenir une maigre subsistance, si tu veux éviter les chemins détournés qui t’éloigneraient de la voie de la moralité. O homme, que ton origine est noble, ta destinée grande, le but de ta vie élevé. N’es-tu pas destiné à te rapprocher par des sensations qui assurent ton bonheur, par des actions qui relèvent ta dignité, par des connaissances qui embrassent l’univers, du Grand Esprit qu’adorent tous les habitants de tous les systèmes solaires. »

Atteindre au but élevé de l’existence qui est de se rapprocher du « Grand Esprit » par des actions qui relèvent la dignité : voilà le but de la guérison : la santé est donnée à l’homme pour qu’il fasse quelque chose de sa vie, il doit viser « un but élevé ».

Ceci est donné par Hahnemann comme un conseil car l’attitude de l’homme guéri est un choix délibéré et LIBRE. Cela ne peut pas être autrement, la liberté fait partie de la définition de l’être humain, y compris la liberté de ne pas poursuivre son but élevé.

Le rôle de l’homœopathie s’arrête où la liberté de l’homme commence. L’homme guéri s’est réconcilié avec lui-même, sa force vitale fonctionne de nouveau harmonieusement. Mais comme je l’ai dit plus haut, cet état de grâce ne dure pas. Pour que la guérison se prolonge au-delà, il faut que cet homme ait profité de ce moment de lucidité pour réorienter sa vie, pour reprendre son propre chemin.
Une fois réconcilié avec lui-même avec ses contradictions, avec ses impuissances, avec ses peurs, ses angoisses, ses fausses croyances, il pourra de nouveau marcher la tête haute et se réconcilier avec son entourage, avec ses amis les animaux et les plantes.

Conclusion

Je répondrai donc à la question : « la guérison obtenue par l’effet d’un remède homéopathique peut-elle réconcilier l'homme avec lui-même et avec son environnement? »

En disant que l’effet du remède permet la réconciliation de l’homme avec lui-même, c’est la définition même de la guérison (§8 : extinction de tous les symptômes de la maladie et de tout l'ensemble des accidents perceptibles) mais pour que cette guérison dure, il faut que l’homme mette à profit cette paix intérieure, cette harmonie retrouvée pour se mettre en route vers son but élevé, ce qui passe par une restauration de l’harmonie autour de lui, avec son entourage, avec les plantes, les animaux, et toute la nature qui l’entoure.

La guérison-réconciliation de l’homme avec lui-même peut être déclenchée par la prise du remède simillimum.
Mais par contre, la durée de cette guérison dans le temps dépend uniquement du libre-arbitre de l’homme, des ses choix, de son orientation de vie (vers son but élevé ou pas), elle dépend de la VOLONTE de l’homme.

Les animaux et les plantes ne jouissent pas du libre-arbitre, ils n’ont donc pas de responsabilité dans leur chemin de vie qui leur est imposé par l’instinct dans la vie sauvage et par l’homme dans la vie domestique.
La guérison peut être obtenue de la même façon par l’administration du bon remède mais la durée de cette guérison dans le temps dépendra choix faits par l’homme qui en est responsable.







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